« Au début, tout le monde avait peur parce qu’il y’avait beaucoup de soldats qui arrivaient à Kinmen. A Kinmen, il n’y avait jamais eu de soldats auparavant. Avant, on avait été occupé par le Japon. Mais quand le KMT s’est replié de la Chine continentale à Kinmen, on ne pouvait pas les chasser, car ils avaient tous des armes. Ils ont verrouillé Kinmen... » raconte Hong Guo-tai (洪國泰), un habitant de Kinmen.
Située à seulement 6 km de la Chine, l’île de Kinmen s’est retrouvée au cœur des crises du détroit de Taïwan au cours de la seconde moitié du 20ᵉ siècle. Plus proche géographiquement de la Chine que de Taïwan, cette île de 120 km², n’est cependant jamais tombée aux mains de la Chine communiste, contribuant à forger un véritable mythe nationaliste autour de Kinmen. Encore aujourd’hui, elle est fréquemment citée dans la presse, alimentant des fantasmes de « Crimée asiatique ».
Dans les années 1940, au cœur de la guerre civile en Chine, les forces communistes opèrent un retournement de situation inédit et précipitent l’armée nationaliste de Tchang Kai-chek dans la débâcle. En 1949, ces derniers se retrouvent acculés sur l’île de Kinmen, dans la province du Fujian, dernier cul-de-sac avant Taïwan.
Ce moment clé de l’Histoire de Taïwan est raconté par Hong Guo-tai (洪國泰), habitant de Kinmen, Cao Yu-cheng (曹玉昌) soldat nationaliste, arrivé à Kinmen en 1949 et Alexandre Gandil, chercheur en sciences politiques et auteur d’une thèse sur Kinmen.
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Radio Taiwan International
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