Les pilotes d’Eva Air ont majoritairement voté en faveur d’une grève, qui pourrait être déclenchée pendant la période du nouvel an lunaire, au mois de février. Leurs revendications portent sur une augmentation salariale structurelle de 20% et une hausse de l’indemnité horaire de 3,30 à 6 USD à l’étranger.
Malgré une hausse de salaire allant jusqu’à 20 000 NTD (environ 600 euros) par mois et un bonus record équivalent à six mois de salaire, annoncés fin 2023 aux employés d’Eva Air, le Syndicat des pilotes de Taoyuan avait lancé un vote le 22 décembre dernier sur l’opportunité de faire grève. Le personnel avait un mois pour voter. Sur 1398 membres du syndicat, 910 ont voté, et 900 se sont prononcés en faveur de la grève, et seulement 10 contre. Cela ouvre la possibilité légale pour les pilotes de se mettre en grève. Sur 1460 pilotes d’Eva Air, 543 sont favorables à la grève, soit 37%.
Le syndicat des pilotes a précisé qu’il émettrait un préavis de grève au plus tard 24h avant le début du mouvement, afin d’éviter que les passagers ne se rendent à l’aéroport en vain. Cette grève pourrait notamment affecter les vols long-courrier, liant Taïwan à l’Amérique et à l’Europe, dont Paris.
La direction d’Eva Air a publié aujourd’hui, lundi 22 janvier, un communiqué, dans lequel elle regrette le résultat de ce vote malgré les efforts de la compagnie pour communiquer et négocier avec le syndicat de pilotes de Taoyuan. Eva Air a exhorté le syndicat à donner la priorité aux droits et aux intérêts des passagers, et a appelé le syndicat à poursuivre les négociations dans un esprit rationnel et pragmatique.
La direction d’Eva Air se prépare en parallèle à une éventuelle situation d’urgence. Elle a mis en place une équipe chargée de faire l’inventaire des effectifs et des plans de vols des passagers, afin d’assurer au mieux le bon déroulement de leur voyage.
Pour mémoire, Eva Air, tout comme les autres compagnies aériennes taïwanaises, a bénéficié du rebond des voyages en 2023, en enregistrant des bénéfices records l’an dernier.