Le candidat du KMT Hou Yu-ih (侯友宜) a pris ses distances avec Ma Ying-jeou (馬英九) suite aux propos de l'ancien président qui s'est exprimé sur la Chine et a notamment déclaré qu'il fallait faire confiance au dirigeant chinois Xi Jinping (習近平) au sujet des relations interdétroit.
Ma Ying-jeou a accordé une interview avec le média allemand Deutsche Welle, une interview dans laquelle il a aussi affirmé que la durée actuelle du service militaire pour les jeunes hommes taiwanais (quatre mois) était suffisante pour assurer la défense de Taiwan en donnant l’exemple de ses huit années de mandat. Ma Ying-jeou a aussi déclaré que Taiwan "ne pourrait jamais gagner" dans une guerre au vu de la taille de la Chine.
Hou Yu-ih a répondu que ses idées divergeaient de celles de l'ancien président, ajoutant qu'il favorisait une "stratégie en trois dimensions" à travers la capacité d'autodéfense, le dialogue et la désescalade et que l’unification était un sujet qu’il n’aborderait jamais durant son mandat.
Le candidat présidentiel du KMT a affirmé qu'il ne s'était jamais fait d'illusion au sujet de la Chine et qu'il était opposé à la formule de Pékin dite "un pays, deux systèmes", ajoutant qu'il protégerait le système libre et démocratique de Taïwan s'il était élu. Le parti KMT tout comme le bureau de Ma Ying-jeou ont reconnu que ce dernier n’était pas invité au meeting la veille des élections.
Le colistier de Hou Yu-ih, Jaw Shaw-kong (趙少康), qui fait campagne pour la vice-présidence de la République, a quant à lui déclaré qu'il ne fallait ni douter ni croire ce que disait Xi Jinping et qu'il fallait plutôt réfléchir, avant tout, à comment se protéger et que Taïwan devait faire attention en interagissant avec la Chine.
Le candidat du Parti populaire taiwanais (TPP) Ko Wen-je (柯文哲) a aussi réagi suite aux propos de Ma Ying-jeou, affirmant qu'il était dangereux de faire confiance aux autres et qu'il souhaitait renforcer la préparation de Taïwan au combat et porter le budget de la défense à 3 % du PIB. Ko Wen-je a ensuite déclaré que la position de son parti sur les relations interdétroit consistait à soutenir, dans cet ordre, l'autonomie de Taïwan et la paix interdétroit.
Enfin, le candidat du DPP Lai Ching-te (賴清德) a saisi l'occasion pour avertir les électeurs du danger de faire confiance au président chinois et des risques de porter le KMT au pouvoir pour Taïwan.