A une dizaine de jours de l’élection présidentielle de Taïwan, prévue le 13 janvier prochain, le ministre taïwanais des Affaires étrangères Joseph Wu (吳釗燮) a accordé un entretien exclusif au quotidien français Le Monde, lors duquel il a dénoncé l’ingérence électorale de Pékin via une guerre cognitive hybride basée sur la désinformation, les cyberattaques, l’infiltration et la coercition économique.
Le chef de la Diplomatie a également affirmé que depuis son arrivée au pouvoir en 2016, la présidente Tsai Ing-wen (蔡英文) agissait prudemment afin de ne pas fournir de prétexte à Pékin pour lancer une guerre contre Taïwan, et que dans le même temps, le gouvernement du Parti démocrate progressiste (DPP) s’efforçait de renforcer ses capacités d’autodéfense dans le but de faire comprendre aux autorités chinoises le prix à payer si elles tentaient d’envahir Taïwan.
Par ailleurs, Joseph Wu a évoqué des analystes occidentaux qui estiment qu’une guerre dans le détroit de Taïwan n’était ni imminente ni inévitable malgré la menace militaire chinoise renforcée.