Début novembre dernier, 28 organisations de la société civile ont envoyé un questionnaire aux différents partis politiques se présentant aux élections sur les questions de genre et d’égalité des sexes. Le questionnaire portait principalement sur le travail, la garderie, les soins de logue durée, l’équilibre entre le travail et la famille, la sécurité financière des personnes âgées ou la participation politique. A moins de trois semaines des élections présidentielle et législative du 13 janvier prochain, les ONG ont dévoilé aujourd’hui, 26 décembre, les réponses obtenues.
Le DPP s’est notamment engagé à promouvoir la flexibilité du congé parental, à augmenter les congés payés pour soins familiaux, ainsi que les congés maternité et pour soins de longue durée, mais sans engagement sur un nombre de jours précis. L’engagement du TPP (Parti populaire taïwanais) est plus limité sur cette question. Quant au KMT, il n’a pas souhaité prendre d’engagement via ce questionnaire et ne serait disposé qu’à accepter la signature d’accords ad hoc entre employeurs et syndicats pour davantage de congés parentaux pour les travailleurs.
A Taïwan actuellement, les mères peuvent prendre jusqu’à huit semaines de congés maternité, rémunérées à 100%, et les mères ou pères d’un premier enfant peuvent prendre un congé parental allant jusqu’à six mois rémunérés à 80% (avant que l’enfant n’atteigne l’âge de 3 ans).
En ce qui concerne l’accès aux crèches, le DPP a mis en avant le projet d’augmenter le nombre de crèches publiques, alors que le KMT et le TPP ont plutôt axé leurs réponses sur l’augmentation des subventions pour les prises en charge par les crèches. Aucun des trois grands partis n’a fourni de détails quant à la manière de réduire l’écart entre les villes et les campagnes en matière de prise en charge des enfants en crèche.
Le KMT a répondu que pour faire face à la pénurie de main d’œuvre dans les crèches, le parti souhaitait permettre aux travailleurs migrants de postuler pour ces postes. Le DPP a plutôt mis l’accent sur le fait d’aider les aidants de la même famille à continuer à travailler tout en s’occupant de la personne en difficulté. Quant au TPP, le parti a proposé d’élargir l’emploi d’aides à domicile étrangers sans passer par des intermédiaires de rendre le travail des agences de recrutement plus transparent.
En réponse à la question « Êtes-vous déterminés à solutionner le problème des bas salaires et des horaires de travail élevés, et à promouvoir l'égalité des sexes dans le milieu professionnel et dans les familles ? », la plupart des grands partis ont répondu positivement mais ne semblent pas avoir de stratégie autre que l’augmentation des catégories de congés parentaux ou l’augmentation des prestations existantes.
Chyn Yu-rung (覃玉蓉), secrétaire générale de la Fondation Awakening, a déclaré : « La lauréate du Prix Nobel d’économie cette année est une spécialiste de l’emploi des femmes. Elle parle notamment de la cupidité des entreprises qui exigent que tout le monde fasse des heures supplémentaires. Or, si tout le monde fait des heures supplémentaires de manière générale, il sera selon elle très difficile d’atteindre l’égalité des sexes sur le lieu de travail. Nous espérons donc vivement que les grands partis politiques en particulier feront preuve de courage et de détermination à cet égard. Mais il est dommage que les trois grands partis n’aient pas pris d’engagements concrets en matière de réduction du temps de travail. »
Les ONG ayant réalisé ce questionnaire espèrent que cela suscitera davantage de discussions dans la société.