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Projet de vérification des antécédents de violence domestique avant le mariage : réactions partagées des associations de femmes.

  • 03-11-2023
  • La Rédaction
Projet de vérification des antécédents de violence domestique avant le mariage :  réactions partagées des associations de femmes.
Violence faite aux femmes : la possibilité de consulter les dossiers divise (image l'illustration, Pixabay)

Le projet d'amendement à la loi sur la prévention et le contrôle de la violence domestique a été adopté au Parlement le 2 février, et la députée du DPP Su Chiao-hui (蘇巧慧) a suggéré que Taïwan suive l'exemple du Royaume-Uni et du Canada en mettant en place un mécanisme qui donnerait aux victimes potentielles de violence domestique le droit de consulter les dossiers de violence domestique ; le ministre de la Santé Hsueh Jui-yuan (薛瑞元) a répondu en suggérant qu'un projet pilote à petite échelle pourrait être mis en œuvre.

Les avis des organisations de défense des droits des femmes sont partagés : la Secrétaire générale de la Coalition taïwanaise contre la violence, Liao Shu-wen (廖書雯), a déclaré que lorsqu'on traite des cas de violence domestique ou d'agression sexuelle, on est souvent confronté à un dilemme, car la divulgation d'un trop grand nombre d'informations risque de provoquer la panique et de conduire à la stigmatisation des auteurs de ces actes. Elle estime qu’il faut considérer les différents besoins et situations pour mener un projet pilote :  « En ce qui concerne les lois de ce type d’autres pays, qui visent également à mieux prendre en considération les droits des victimes, c'est peut-être un moyen d'éviter d'être confronté à des risques possibles sans rien savoir et sans pouvoir les prévenir d’aucune façon. »

Tu Ying-chiu (杜瑛秋), directrice exécutive du Fonds d'aide aux femmes, est d'un avis différent : dans les pays étrangers, la violence domestique est généralement considérée comme un crime. Au Royaume-Uni, l'accès aux casiers judiciaires relatifs aux violences domestiques est ouvert, mais à Taïwan, les victimes ne demandent généralement qu'une ordonnance de protection, qui est une décision civile et non pénale. De nombreuses victimes ne veulent pas que leurs agresseurs soient condamnés, d'où une grande différence entre les deux cultures et les deux situations. Tu Ying-chiu pense qu'il est possible d'ouvrir l'accès aux casiers judiciaires en matière de criminalité, mais l’accès au système des dossiers de violence domestique constituerait une violation des droits de l'homme et de la vie privée, car ils contiennent trop d'informations détaillées.

Elle estime par ailleurs que les tendances violentes sont souvent visibles avant le mariage, et que l’ouverture des dossiers de violence domestique ne serait pas d'une grande aide en pratique.

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