La Cour constitutionnelle a interprété la loi sur les pratiques médicales, et estime que l’article 84 de la loi médicale, qui stipule que « seules les institutions médicales ont le droit de faire de la publicité médicale » (interdisant donc aux médecins de faire personnellement de la publicité médicale), est contraire à l'article 11 de la Constitution qui protège la liberté d'expression. L’article 84 est donc invalidé, à effet immédiat.
En 2015, le Dr Huang, médecin dans une clinique de chirurgie esthétique, avait fait une publicité médicale sur sa page Facebook, qui a été considérée par le Bureau de la santé de Taipei comme une violation de l'article 84 de la loi médicale, et une amende de 50 000 dollars taïwanais (1450 euros) a été infligée au Dr. Huang. Il refusé l'amende, et a intenté un procès administratif après le rejet de son appel. Le juge de première instance a estimé que l'objectif de l’article 84 était de faciliter la tâche des autorités compétentes, mais qu' il interdisait totalement aux médecins de faire des publicités de nature médicale. Les moyens et l'objectif n'étant pas substantiellement liés, et portant atteinte à la liberté d'expression des médecins, à leur liberté professionnelle, et au droit à l'égalité, tous garantis par la Constitution, le juge a donc demandé une interprétation de la Constitution en 2018.
La Cour constitutionnelle a rendu aujourd'hui son verdict, estimant que la partie de la disposition interdisant aux médecins de faire de la publicité médicale est inconstitutionnelle, les établissements médicaux et les médecins sont autorisés à faire de la publicité médicale. La Cour a estimé que le discours commercial qui fournit des informations véridiques, non trompeuses et dans un but commercial licite, et qui aide les consommateurs à faire des choix économiquement rationnels, devrait toujours être protégé par l'article 11 de la Constitution, qui garantit la liberté d'expression. La présentation d'informations médicales générales, telles que le nom d'un médecin ou l'adresse d'une clinique, par un médecin dans le but de solliciter des patients, est presque toujours bénéfique pour les patients. La Cour constitutionnelle a également souligné que les actes médicaux sont complexes, et que des informations pertinentes et appropriées fournies par les médecins sont nécessaires à la réalisation de l'autonomie du patient et facilitent son choix de traitement médical.
Le ministère de la Santé entend discuter avec les collectivités locales pour définir les principes de gestion des publicités.