La Bibliothèque nationale centrale a organisé lundi une cérémonie lors de laquelle la première partie des archives du linguiste japonais Shigeru Tsuchida a été donnée au Centre d'études chinoises de la Bibliothèque nationale centrale, une initiative qui permettra de rendre plus accessibles les travaux de Tsuchida aux autres chercheurs. Ces travaux sont d'autant plus précieux aujourd'hui que les langues de Formose connaissent un déclin rapide et que parmi les archives de Tsuchida figurent des notes de terrain, des listes de vocabulaire et des enregistrements audio sur cassettes récoltés il y a plusieurs dizaines d'années, lorsque le nombre de locuteurs était beaucoup plus important qu'aujourd'hui.
Shigeru Tsuchida est né en 1934 et est diplômé du département des langues étrangères de l'Université de Tokyo. Il a commencé à faire des recherches sur les langues formosanes en 1962 et a notamment rédigé, avec le Taïwanais Paul Jen-Kuei Li (李壬癸), un dictionnaire du pazeh et un dictionnaire du kavalan.
C'est d'ailleurs à l'initiative de son ancien collègue taïwanais que les archives de Tsuchida ont commencé à être transférées à Taiwan, où elles seront plus utiles à la recherche sur les langues formosanes : « La grande contribution de Tsuchida, c'est qu'il est vraiment allé partout et a enregistré toutes les langues et les principaux dialectes. Partout où quelqu'un savait parler une langue, il y allait et il enregistrait. A l'époque, ce n'était pas aussi facile qu'aujourd'hui : les enregistreurs étaient très lourds. Il n'avait pas peur de l'effort. Même si un aborigène des plaines ne savait parler qu'un petit peu sa langue, il y allait et il enregistrait. Nous lui en sommes très reconnaissants. »
La linguiste française Elizabeth Zeitoun, chercheuse à l'Institut de linguistique de l'Academia Sinica et aussi spécialiste des langues formosanes, a fait une présentation sur les possibilités de recherche qu'offrent les travaux et les corpus collectés par Tsuchida pour la recherche sur les langues formosanes.
C'est la chercheuse japonaise Shiohara Asako de l'Institut de langue et de culture de l'Université des langues étrangères de Tokyo qui représentait Shigeru Tsuchida, aujourd'hui trop âgé pour prendre l'avion et venir en personne à Taïwan, lors de la cérémonie de don de cette première partie des archives. Le reste sera transféré à Taïwan petit à petit : « Le projet a débuté en 2018. Nous avons commencé à numériser les documents et à archiver les données. Au cours de ce processus, nous avons eu l'opportunité d'examiner les notes de terrain et d'écouter les enregistrements. Nous avons été impressionnés en voyant le travail méticuleux mené par Tsuchida dans de nombreuses régions. Et en 2022, nous avons accueilli Paul Li à l'Université des langues étrangères de Tokyo qui était venu pour enquêter sur les données collectées par Tsuchida. »