Selon les prévisions démographiques, Taïwan deviendra une « société super-âgée » en 2025, c’est-à-dire que la proportion de la population de plus de 65 ans atteindra 20% de la population totale). Outre la question des soins de longue durée qui fait partie des sujets abordés par les candidats à l’élection présidentielle de janvier prochain, l’euthanasie fait aussi couler beaucoup d’encre.
Le candidat du Parti populaire taïwanais (TPP) Ko Wen-je (柯文哲), médecin de profession avant d’entrer dans la politique a récemment affirmé soutenir l’euthanasie, et l’actuel ministre de la Santé, Hsueh Jui-yuan (薛瑞元) lui a demandé s’il accepterait de l’appliquer. Par ailleurs, le New Power Party (NPP) a indiqué hier que la légalisation de l’euthanasie recueillait un fort soutien auprès de l’opinion publique taïwanaise selon certains sondages et a ainsi appelé le ministre de la Santé à en tenir compte.
Dans une interview aujourd’hui, le ministre Hsueh Jui-yuan a indiqué que l’euthanasie ne consistait pas simplement à administrer des médicaments pour hâter la mort de malades en phase terminale qui ne supportaient plus la douleur et souhaitaient mourir, cela impliquait aussi que des médecins puissent faciliter l’aide au suicide, ce qui va à l’encontre de l’éthique médicale. Il a précisé que l’Association médicale mondiale n’approuvait pas l’euthanasie et que le rôle du ministère de la Santé n’était pas de la promouvoir. Si le Yuan législatif adoptait un projet de loi sur l’euthanasie, le gouvernement respecterait le processus démocratique et il ne pourrait que l’accepter, mais sur le plan personnel, il a affirmé qu’en tant que médecin, il ne l’appliquerait pas.
Pour mémoire, l’euthanasie n’est pas autorisée à Taïwan et l’aide au suicide est punie par la loi (sauf en cas de tentative conjointe de suicide). Cependant, la loi de 2019 sur l’autonomie des patients prévoit déjà que dans certaines conditions (maladie en phase terminale, coma irréversible, état végétatif permanent, démence extrême, souffrances extrêmes sans traitement ou guérison possible) que des médecins puissent, après plusieurs réunions de l’équipe médicale, éventuellement décider de mettre fin au traitement, en lien avec la famille du patient. Par ailleurs, la loi sur les soins palliatifs de 2020 permet aussi de ne pas réanimer ou de mettre fin au traitement de maintien en vie en cas de phase terminale confirmée par l’équipe médicale et avec le consentement écrit de la personne ou, le cas échéant, du responsable légal ou du parent le plus proche.