Le ministère taïwanais des Affaires étrangères s'est insurgé contre les déclarations officielles de la Russie, de l'Indonésie et du Chili qui reconnaissent le principe d'une seule Chine, niant ainsi la souveraineté taïwanaise.
Le président indonésien Joko Widodo a achevé hier une visite d'Etat de deux jours en Chine à l'invitation de son homologue Xi Jinping pour assister au 3e Forum des Nouvelles routes de la soie.
L'Indonésie et la Chine ont ainsi publié, hier, une "déclaration commune sur l'approfondissement de la coopération stratégique et globale" dans laquelle l'Indonésie "réitère son adhésion continue à la politique d'une seule Chine et sa reconnaissance du fait que le gouvernement de la République populaire de Chine est l'unique gouvernement légal représentant la totalité de la Chine et que Taïwan est une partie inaliénable de la Chine et soutient fermement les efforts du gouvernement chinois en vue d'achever une réunification nationale pacifique".
C'est aussi pour assister au Forum que le président russe Vladimir Poutine et le président chilien Gabriel Boric se sont rendus à Pékin où ils ont rencontré le président chinois Xi Jinping.
La diplomatie taïwanaise a qualifié les remarques des trois dirigeants de "fausses et ridicules" et a exprimé ses "vives protestations et condamnations" suite à ces propos qui "déclarent unilatéralement que Taïwan fait partie du territoire chinois".
Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Jeff Liu (劉永健), a rappelé que la République de Chine, nom officiel de Taïwan, était un pays souverain et indépendant et n'était pas affilié à la République populaire de Chine, rappelant également que la RPC n'avait jamais gouverné Taïwan.
Le porte-parole a déclaré qu'aucun pays n'avait le droit de nier unilatéralement le statut souverain de Taïwan à travers de telles déclarations communes. Le ministère taïwanais des Affaires étrangères a aussi déclaré que la convergence des autoritarismes russe et chinois menaçait les valeurs fondamentales telles que la liberté, la démocratie, l'Etat de droit et les droits de l'homme tout en portant atteinte à la sécurité, à la paix, à la stabilité et à l'ordre international.
Il a également averti le gouvernement indonésien à ne pas "suivre l'attitude malveillante de la Chine" qui vise à nier la souveraineté de Taïwan et à se prémunir contre l'ambition hégémonique de la Chine à travers l'initiative des Nouvelles routes de la soie.