Après plusieurs mois d’enquête, le bureau des procureurs de Taipei a mis en examen hier le président du Parti communiste populaire de Taïwan (Taiwan People’s Communist Party), un parti socialiste, pro-Chine et pro-unification créé en 2017.
Lin Te-wang (林德旺) et son vice-président Cheng Chien-hsin (鄭建炘) sont soupçonnés d'avoir enfreint la loi anti-infiltration et la loi électorale taïwanaises. Le bureau des procureurs a en effet affirmé que le parti aurait commencé, il y a dix ans, à collaborer avec les autorités chinoises pour promouvoir l'idéologie pro-unification (à comprendre : unification avec la Chine) dans la société taïwanaise.
En août dernier, lors de la visite à Taïwan de la présidente de la Chambre des représentants américaine Nancy Pelosi, le Parti communiste populaire de Taïwan avait organisé une vingtaine de manifestations en offrant à chaque manifestant une enveloppe de 500 dollars taïwanais (14,7 €) et des kits de tests de Covid-19 pour les récompenser de leur participation.
L’enquête a également révélé que pendant la campagne des élections locales de 2022, le parti aurait reçu du Bureau chinois des affaires taïwanaises 30 000 dollars taïwanais (884 €) et 10 000 dollars américains ainsi que 4 700 kits de tests de Covid-19. Une partie de ces tests, envoyés depuis le port chinois de Xiamen et adressés à 47 membres du parti, auraient été utilisés à des fins de corruption électorale.
Selon l'enquête, le Parti communiste populaire de Taïwan aurait été en contact continu avec les autorités chinoises, leur fournissant constamment des preuves des activités organisées à Taïwan avec le soutien chinois.