La Fondation culturelle du Triangle d’or a tenu hier une conférence de presse à Taipei, réclamant une carte de séjour permanente pour les descendants des anciens soldats qui ont continué à combattre les communistes chinois après la défaite du Kuomintang (KMT) en 1949 en s’abritant dans les forêts de la zone frontalière entre la Chine, la Thaïlande, le Laos et la Birmanie.
Après l’implantation à Taïwan du gouvernement nationaliste de Tchang Kaï-chek (蔣介石), ces anciens combattants bloqués dans le Triangle d’or sont petit à petit tombés dans l’oubli, devenant ainsi apatrides, ainsi que leurs épouses et descendants. Ils étaient, au début, au nombre de 200 000 à 300 000 personnes, dont de 80 000 à 100 000 soldats enrôlés. Bien que quelques milliers des soldats aient successivement été rapatriés à Taïwan au début des années 1960 sous les pressions des gouvernements thaïlandais, laotien et birman, la plupart sont restés sur place.
Egalement présent lors de la conférence de presse, Yang Fa-chun (楊發準), le petit fils d’un ancien soldat, a présenté sa carte de séjour permanente délivrée en juillet dernier, après 35 ans de séjour illégal à Taïwan. Il a raconté s’être rendu à Taïwan à la nage : « Ma vie était en jeu. J’ai nagé pendant 16 heures avant d’atteindre Kinmen. Tout le long du trajet, je n’ai jamais pensé à renoncer car je voyais devant moi Taïwan, ma patrie que j’aime. »
La fondation a appelé à réexaminer la loi afin de faciliter l’accueil des compatriotes toujours exilés dans les forêts du Triangle d’or.