Aujourd’hui, plusieurs groupes civils se sont rassemblés pour exiger le respect des droits à la connexion wifi pour les pêcheurs migrants. Selon eux, même si dans le plan d’action sur la pêche et les droits humains proposé par le ministère de l’Agriculture l’année dernière, « le renforcement des conditions de vie et de la protection sociale » est inclus dans les sept points stratégiques, l’accès au wifi est seulement « encouragé » mais sans caractère obligatoire. Dans le but de rendre la connexion possible à tous les pêcheurs, plusieurs ONG taïwanaises et étrangères ont lancé le plan « Wi-Fi Now for Fishers! » sous forme de pétition que tout le monde est invité à signer. Shih Yi-hsiang (施逸翔), le secrétaire général de l’Association taïwanaise pour les droits de l’homme, a indiqué avoir collecté un millier de signatures des pêcheurs migrants mais il précise que cette collecte ne se fait pas sans difficulté : « Nous voyons beaucoup de photos où les pêcheurs migrants sont assis sur des bâches par terre, et des membres de Forum Silaturahmi Pelaut Indonesia (FOSPI), groupe des Indonésiens à Taïwan expliquent à chaque fois les conditions de travail et pourquoi les ONG s’associent en vue de collecter des signatures. Il faut souvent passer 20 à 30 minutes pour que les pêcheurs signent enfin un à un. C’est à travers ce processus de travail que nous réunissons des signatures. »
Shi Yi-hsiang précise que si les pêcheurs n’ont pas accès au wifi sur le bateau, ils se retrouvent privés de tout contact avec l’extérieur ce qui les empêche non seulement de communiquer avec leurs proches mais aussi de vérifier le versement en temps de leur salaire ou encore d’appeler les secours en cas d’urgence. Cette situation répond en réalité à la définition de « l’isolement » qui est l’un des indicateurs du travail forcé tel que défini par l’organisation internationale du Travail.