Taïwan célèbre tous les 1er août depuis 2005 la « journée des peuples autochtones ». A cette occasion, la Présidente Tsai Ing-wen (蔡英文) s’est rendue à Kaohsiung pour prendre part à la conférence administrative nationale des peuples autochtones. Dans son discours, elle a rappelé qu'il y a sept ans, elle avait officiellement présenté ses excuses aux peuples autochtones au nom du gouvernement. Elle a déclaré solennellement que ces excuses n'étaient pas la fin d’un processus de justice transitionnelle, mais le début, et que le gouvernement continuerait à faire des efforts en ce sens. L’égalité d’accès aux soins, la revitalisation des langues et des cultures autochtones sont aujourd’hui devenues des évidences pour tous, a-t-elle indiqué.
La Présidente a souligné les avancées juridiques de ces dernières années. Non seulement le Yuan judiciaire a rendu des jugements et interprétations constitutionnelles conformes aux valeurs internationales des droits humains concernant les questions liées à l’identité, aux droits de chasse, aux droits du travail et aux droits culturels des autochtones, le Yuan législatif a aussi adopté une loi sur la santé des peuples autochtones, afin de promouvoir notamment un accès aux soins plus équitable, et a amendé la loi sur l’extraction minière après six ans de discussions intenses.
A cet égard, Tsai Ing-wen a précisé : « Nous avons supprimé la clause injuste concernant la prolongation de l’autorisation de l’exploitation minière, et mis en place un mécanisme de gestion et de contrôle. Le système d’évaluation environnementale des mines a également été réformé, obligeant les industriels à conduire les études d’impact sur l’environnement qui n’avaient pas été faites. A l’avenir, nous formulerons aussi des lignes directrices sur la consultation et le consentement des peuples autochtones. Nous espérons que grâce à cet amendement, les peuples autochtones, l’environnement forestier de Taïwan et l’industrie minière pourront rétablir des relations plus équilibrées et avancer sur le chemin du développement durable. »
La Présidente a d’autre part souligné qu'après une enquête approfondie, la vérité historique sur la perte des terres autochtones émergeait progressivement. Il s'agit selon elle d’une base sur laquelle le gouvernement et les peuples autochtones peuvent dialoguer, négocier et se réconcilier.
Tsai Ing-wen a par ailleurs mis l’accent sur l’importance d’entretenir un dialogue continu comme condition préalable à la mise en œuvre des droits des peuples autochtones. Depuis 2017, les discussions qui se tiennent au Palais présidentiel, dans le cadre des réunions sur la justice transitionnelle en faveur des peuples autochtones, ont permis aux représentants de toutes les agences gouvernementales et aux représentants de divers groupes ethniques de mener des discussions significatives, avec le soutien d'universitaires et d'experts.
La Présidente a dit espérer qu’à l'avenir, le gouvernement central, les autorités locales et le système administratif des peuples autochtones travailleront main dans la main, afin de promouvoir la mise en œuvre des droits des peuples autochtones et de parvenir à une coexistence et à une prospérité communes entre tous les groupes ethniques.
Notons tout de même que les célèbres chanteurs aborigènes Panai et Nabu protestent toujours depuis le 23 février 2017 au cœur de la capitale taïwanaise, pour demander à la Présidente d’honorer ses engagements électoraux au sujet de la définition des territoires traditionnels des peuples autochtones.