Dans un contexte de vague d'accusations de harcèlement et de violences sexuels, la députée DPP Fan Yun (范雲) et des associations de protection des droits des femmes ont organisé aujourd'hui une conférence de presse pour annoncer la publication d'une proposition de loi visant à amender trois lois sur l'égalité des sexes.
Le texte comprend des propositions d'amendements concernant la loi sur l'égalité des genres dans l'emploi, la loi sur l'égalité des genres dans l'éducation et la loi de prévention contre le harcèlement sexuel, et vise notamment à établir un système complet de plainte pour harcèlement sexuel et un mécanisme d'enquête dans l'espoir de prendre en charge chaque victime.
La députée Fan Yun a déclaré que si le mécanisme de plainte était satisfaisant, les victimes n'auraient pas besoin de formuler des accusations sur les réseaux sociaux pour obtenir justice.
Fan Yun a affirmé que la nouvelle proposition de loi permettrait de pallier les failles du mécanisme de plainte existant, notamment en renforçant le caractère impartial de l'enquête externe et l'aide fournie au plaignant, en clarifiant le principe de confidentialité et les peines encourues, mais aussi en alourdissant ces dernières et en renforçant la sensibilisation auprès des harceleurs et des employeurs coupables d'avoir caché des plaintes : "Il faut renforcer les peines pour les coupables, car ils n'encourent actuellement aucune peine dans le cadre de la loi sur l'égalité des genres dans l'emploi. Il faut punir les employeurs et renforcer les peines contre les harceleurs afin de dissuader efficacement les tentatives de harcèlement et les tentatives d'étouffer ces affaires."
Kuo Ling-hwei (郭玲惠), professeure de droit à l'Université nationale de Taipei, a quant à elle insisté sur l'importance du mécanisme de plainte, affirmant que renforcer les peines n'était pas suffisant. La professeure a ajouté qu'il fallait clarifier les responsabilités des employeurs et des autorités compétentes, soulignant dans le même temps la nécessité de renforcer l'éducation sexuelle visant les harceleurs.
Kuo Ling-hwei a également proposé d'établir une base de données fournissant des informations importantes pour les employeurs en quête de talents : "Il y a autre chose de très important. Beaucoup de gens me demandent : que faire si les harceleurs passent d'une entreprise A à une entreprise B ? Ce genre d'informations de première importance devrait être fourni par les autorités compétentes afin d'établir les faits lorsque les entreprises recrutent. Cela sera aussi inclus dans de futurs amendements."