La 34e cérémonie des Golden Melody Awards, qui récompense les meilleures œuvres de l’industrie musicale à Taïwan, vient de s’achever. Cent soixante-neuf artistes étaient en lice pour obtenir des prix dans vingt-sept catégories.
La chanteuse A-Lin, du groupe ethnique Amis, et le chanteur HUSH ont obtenu les prix des meilleurs interprètes féminin et masculin en mandarin. La chanteuse Julia Peng (彭佳慧) a remporté le prix de la meilleure chanteuse hakka pour son premier album dans cette langue. Enno Cheng (鄭宜農), a quant à elle remporté le prix de la meilleure chanteuse en taïwanais, alors qu’elle ne parle pas couramment cette langue. Elle a déclaré dans son discours que le taïwanais lui avait appris l’humilité et à ralentir. Quant aux langues autochtones, de la famille linguistique austronésienne, c’est Matzka qui a remporté le prix du meilleur album, et Kasiwa, s’exprimant en langue Païwan, qui a décroché le prix du jury.
Ces prix sont parmi les plus prestigieux dans le milieu musical sinophone. L’agence de presse Reuters a souligné que non seulement les Golden Melody Awards récompensaient les talents musicaux qui s’expriment en mandarin, mais accordaient aussi une large place aux musiciens qui chantent en taïwanais, en hakka, ainsi que dans les langues autochtones, ce qui reflète la volonté du gouvernement taïwanais de promouvoir la pluralité linguistique. Toujours selon l’agence Reuters, la notoriété des Golden Melody Awards dans le monde sinophone tient aussi au fait qu’à Taïwan la créativité musicale n’est pas entravée par la censure.
La présidente Tsai Ing-wen (蔡英文) a abondé dans le même sens en commentant les Golden Melody Awards sur ses réseaux sociaux. Selon elle, l’amour de la musique élimine les frontières linguistiques entre les différents groupes ethniques. A Taïwan, peu importe la langue utilisée, taïwanais, hakka, langues autochtones, mandarin, anglais, japonais, vous pouvez chanter librement et cela nous rapproche, a-t-elle souligné.