Le Yuan législatif a approuvé ce matin en troisième lecture un projet d’amendement à la loi sur l’immigration, qui vise notamment à assouplir les règles de séjour et de résidence, afin d’attirer davantage de talents étrangers, ce qui constitue un enjeu important pour le gouvernement dans le contexte actuel de dénatalité.
Grâce à cet amendement, les conjoints et enfants de moins de 18 ans, ainsi que les enfants handicapés des investisseurs, des professionnels ayant apporté des contributions spéciales à Taïwan, des professionnels seniors ou ayant remporté des concours internationaux, pourront demander simultanément un permis de résidence permanente à Taïwan. La règle selon laquelle les étrangers ayant obtenu la résidence permanente doivent vivre à Taïwan pendant au moins 183 jours par an, sous peine de perdre leur permis, et remplacée par une obligation de résider à Taïwan 183 jours par an en moyenne au cours des cinq dernières années.
Par ailleurs, afin d’inciter au retour des Taïwanais vivant à l’étranger ou des étrangers d’origine taïwanaise, les détenteurs d’un passeport de la République de Chine (Taïwan) dont la résidence n’est pas enregistrée à Taïwan, seront dispensés de faire la demande de permis d’entrée. S’ils vivent à Taïwan plus de 183 jours par an, ils pourront y enregistrer leur résidence, y compris les mineurs.
L’amendement prévoit aussi l’interdiction d’entrée à Taïwan pour les étrangers, les Chinois, Hongkongais ou Macanais ayant gravement violé les droits humains. D’autre part, cet amendement durcit les sanctions pour les résidents ou travailleurs illégaux, en allongeant la durée d’interdiction de territoire.
Le député du DPP Chuang Jui-hsiung (莊瑞雄) a souligné que selon les statistiques de l’Agence nationale de l’Immigration d’avril 2023, le nombre de nouveaux immigrés dépassait désormais 580 000, ce qui équivalait à la population aborigène à Taïwan, c’est la raison pour laquelle Taïwan devrait adopter de toute urgence des politiques plus inclusives. Le député du New Power Party (NPP) Chiu Hsiang-chih (邱顯智) a souligné que l’un des progrès introduits par cet amendement est la présence d’un avocat pour garantir les droits des prévenus en situation illégale. Chen Wan-hui (陳琬惠), députée du Parti du peuple, a quant à elle appelé le ministère du Travail à renforcer les mesures contre le travail forcé des migrants d’Asie du Sud-Est et à améliorer leur protection sociale.