La porte-parole du bureau présidentiel Yu-chan Lin (林聿禪) a aujourd’hui exprimé sa gratitude face aux déclarations successives de soutien à la participation de Taïwan à l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et à l'Assemblée mondiale de la santé (AMS) de la part d'alliés diplomatiques de Taïwan mais aussi d'autres gouvernements et parlementaires étrangers.
Elle a ajouté que la participation de Taïwan à l'AMS faisait partie intégrante du système mondial de santé et de prévention des épidémies, appelant l'OMS à mettre en pratique l’objectif de sa charte, à savoir « la santé pour tous », et à inclure Taïwan dès que possible à ses discussions.
L'AMS s'est ouverte dimanche à Genève, et la délégation de Taïwan a tenu une conférence de presse en marge de la rencontre avant son inauguration officielle. Le ministre de la Santé Hsueh Jui-yuan (薛瑞元) présent sur place a déclaré que la Chine était sujette aux maladies infectieuses émergentes et que Taïwan se trouvait en première ligne.
En réponse à l'affirmation du directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, selon laquelle « la clé de la participation de Taïwan réside dans la décision des États membres », le ministre des Affaires étrangères, Joseph Wu (吳釗燮), a dénoncé une « injustice » pour Taïwan et une « grande perte pour la santé mondiale » avant d'exhorter le secrétaire général de permettre à Taïwan de participer à l'AMS en qualité d'observateur.
Invité aujourd'hui au micro du service français de RTI, le représentant de Taïwan en France François Wu Chih-chung (吳志中) a estimé que la pression chinoise s'était intensifiée, expliquant ainsi l'exclusion de Taïwan cette année encore :
« Une des très grandes raisons pour laquelle l'OMS ne peut pas refuser cette sorte d'imposition de la Chine pour bloquer Taïwan, c'est justement parce que la Chine utilise sa population comme un bouclier humain. SI jamais l'OMS donne un peu plus de possibilités pour la participation de Taïwan à l'OMS, le gouvernement chinois va se retirer de tous les travaux de l'OMS, et c'est quelque chose que le monde ne peut pas supporter. Car pour beaucoup de sujets de santé publique, nous devons naturellement, et sur ce point-là, je suis totalement d'accord, travailler avec la Chine parce que la Chine a une population d'1,4 milliards. Sans cette population d'1,4 milliards de Chinois, l'OMS aurait beaucoup de mal à fonctionner. Donc je crois bien que c'est la raison pour laquelle l'OMS bloque la participation de Taïwan à ses travaux ».