Le Comité permanent de l’Assemblée nationale populaire (CPANP) a récemment amendé la loi chinoise de lutte contre l’espionnage en étendant encore davantage le spectre des actions pouvant être définies comme relevant de l’espionnage.
À Taïwan, la commission ministérielle des affaires continentales (MAC) a rapidement commenté cet amendement. Rappelant que la version originale adoptée en 2014 était déjà ambigüe, la commission craint que la nouvelle version augmente tout risque lié à quelconque déplacement en Chine. La MAC précise par ailleurs que les arrestations chinoises orchestrées ces dernières années ne se limitent plus aux « traditionnels dissidents » ou aux « personnes engagées. » Les actions considérées comme menaçant la sécurité nationale peuvent être de banals gestes comme l’utilisation d’une carte GPS, la recherche en ligne d’informations sur les collectivités locales ou des entreprises ou encore un changement répétitif de travail à l’étranger.
Le vice-président de la MAC, Jan Jyh-horng (詹志宏), appelle ainsi les ressortissants taïwanais à se montrer particulièrement vigilants face à ces risques accrus : « Nous ne pouvons que réitérer à tout individu devant se rendre en Chine, qu’il doit absolument procéder à une évaluation prudente avant son départ, en prenant surtout en considération les récents dossiers impliquant une arrestation immédiate d’un ressortissant taïwanais ou étranger dès son arrivée en Chine. Tout cet environnement constitue des obstacles au développement des échanges normaux interdétroit. »