Ces dernières années, il y a eu de nombreux cas d'espionnage au profit du Parti communiste chinois, qui ont fait l’objet de condamnations légères, ce qui suscite des inquiétudes quant à la sécurité nationale. Plusieurs députés du Parti démocrate progressiste (DPP) au pouvoir ont tenu une audition publique aujourd’hui, afin de promouvoir un amendement de la loi. Il s’agit des députés Luo Chih-cheng (羅致政), Liu Chao-hao (劉櫂豪), Tsai Yi-yu (蔡易餘), Chuang Jui-hsiung (莊瑞雄) et Wang Mei-hui (王美惠).
Des universitaires ont participé à cette audition et ont souligné que la durée moyenne des condamnations pour espionnage dans d'autres pays démocratiques tels que l'Italie, le Royaume-Uni et les États-Unis était de 19 ans, alors qu’elle n’est que de 18 mois à Taïwan. En outre, la Chine continentale faisant l’objet de dispositions juridiques particulières, différentes de celles appliquées aux espions étrangers, les espions chinois ne sont pas passibles de la peine capitale à Taïwan.
Selon Su Tzu-yun (蘇紫雲), directeur du bureau de stratégie et des ressources de l’Institut national de Défense et de Sécurité, Taïwan étant confronté à des menaces claires et immédiates de la part de la Chine, un réexamen complet des lois sur la sécurité nationale serait justifié. Il a expliqué : « À l'avenir, dans le domaine juridique, Taïwan devrait peut-être engager une réforme, notamment concernant la différence des condamnations pour crime d’espionnage selon que le coupable est étranger ou chinois. D’après le Code pénal, les espions étrangers peuvent être condamnés à perpétuité ou à la peine de mort, alors que la Chine continentale n’étant pas considérée sur le plan juridique comme un autre pays, les espions chinois ne peuvent être condamnés que jusqu’à 12 ans de prison au maximum en vertu de la loi sur la sécurité nationale. »
Su Tzu-yun a suggéré que pour renforcer le contre-espionnage, il faudrait améliorer la conscience démocratique des fonctionnaires, accélérer l’amendement de la loi afin que les tribunaux harmonisent leurs verdicts, et envisager de rétablir une Cour militaire et de renforcer le pouvoir de commandement.
Tsai Pi-chung (蔡碧仲), vice-Ministre de la Justice, a quant à lui indiqué qu’actuellement, le Code pénal, la loi sur la sécurité nationale, la loi sur le renseignement et les secrets d’Etat, la loi sur le travail de renseignement national et la loi anti-infiltration, étaient en train d’être révisées, ce qui devrait non seulement aboutir à une multiplication du nombre de crimes punis, à l’inclusion d’Internet dans le champ de la sécurité nationale, et à la prise en compte de la Chine, de Hong Kong, de Macao et des forces étrangères dans le cadre des crimes les plus graves. Il a ajouté qu’à l’avenir, Taïwan continuera à étendre ses capacités de maintien de la sécurité nationale, à dispenser des formations spécialisées dans ce domaine et à améliorer l’efficacité du traitement et d’enquête des cas de crimes contre la sécurité nationale.