En mars de l’année dernière, le gouvernement britannique avait déposé un rapport global sur la sécurité internationale (Integrated Review); pour prendre en compte les récents évènements géopolitiques, une nouvelle version devrait être publiée en mars prochain.
Récemment, la commission des affaires étrangères du Parlement britannique a tenu une audition avec la présence de l’ancien responsable des Affaires étrangères, des généraux retraités, des chercheurs de bureaux de réflexion ou des responsables commerciaux. À l’issue de cette rencontre, la commission a formulé ses suggestions sur le rapport du gouvernement. Les suggestions évoquent la situation en Asie-Pacifique, notamment avec la Chine et Taïwan : elles détaillent plusieurs facteurs menant à l’augmentation du risque de conflit dans le détroit de Taïwan.
La commission se dit étonnée de ne pas voir le mot « Taïwan » figurer dans le rapport Integrated Review. Selon les suggestions, le gouvernement britannique n'a pas indiqué assez clairement qu'il n'acceptait pas l'interprétation chinoise de la notion de « Chine unique » et qu'il soutenait la proposition de Taïwan selon laquelle « le statu quo (dans le détroit de Taïwan) ne doit pas être modifié par la force ». Le rapport estime que le gouvernement devrait être plus affirmé et plus clair dans la communication des intérêts de sécurité du Royaume-Uni à la Chine, et souligne l'importance d'éviter un conflit dans le détroit de Taïwan.
En ce qui concerne les liens avec la Chine, la politique britannique doit comporter plusieurs volets : encourager une relation économique et commerciale bilatérale forte lorsque les circonstances le permettent, tout en préservant la sécurité nationale et les valeurs britanniques.
Actuellement, le Royaume-Uni est dépendant de la Chine dans « presque tous les domaines de la chaîne d'approvisionnement ». Cette dépendance stratégique limite la capacité du Royaume-Uni à défendre ses intérêts et ses valeurs, c’est pourquoi le gouvernement devrait prendre des mesures pour être plus résilient et moins dépendant de la Chine dans des domaines tels que les infrastructures clés, l'énergie, les biens de consommation, les minéraux clés, les fournitures médicales et la technologie.