Invité hier à s'exprimer devant la commission parlementaire de la défense nationale et étrangère, le ministre de la Défense taïwanais Chiu Kuo-cheng (邱國正) a déclaré que la définition d'une invasion n'était pas limitée à des frappes d'artillerie et qu'une intrusion dans l'espace aérien territorial taïwanais serait considéré comme une "première attaque".
Interrogé sur l'existence d'une « ligne médiane » dans le détroit de Taïwan par le député DPP Lo Chih-cheng (羅致政), le ministre a affirmé que l'armée taïwanaise avait sa « propre ligne rouge » en termes de défense nationale et lancerait assurément des « contremesures » une fois cette ligne rouge franchie.
En août dernier, suite à la visite à Taïwan de la présidente de la Chambre des représentants américaine Nancy Pelosi, la Chine avait organisé des exercices militaires dans les eaux environnantes de Taïwan. 11 missiles balistiques Dongfeng avaient été tirés, dont certains étaient passés au-dessus du territoire taïwanais.
Suite à la visite, l'armée chinoise a continué, ce jusqu'à aujourd'hui, à envoyer quotidiennement des avions chinois dans le détroit de Taïwan, dans ce que Taïwan considère être la Zone d'identification de défense aérienne (ZIDA) ainsi qu'au-delà de ce que Taïwan appelle la « ligne médiane », une ligne imaginaire tracée dans le détroit de Taïwan par un stratège américain pendant la guerre froide, mais qui n'a jamais été reconnue par la Chine.
Chiu Kuo-cheng a affirmé que cette ligne médiane avait été « une frontière invisible » et avait fait partie d'un « accord tacite entre Taïwan et la Chine » sans être toutefois fixée par aucun accord légal. Le ministre a ajouté que maintenant que Pékin avait « cassé » cette ligne et banalisé les incursions au-delà de cette dernière, il serait difficile de revenir en arrière.
Face au changement du statu quo par l'armée chinoise et à la mise en place d'une « nouvelle norme », le ministre a affirmé que l'armée taïwanaise avait sa "propre ligne rouge" : « Des incursions d'avions militaires ou des navires, qui sont des entités, seraient à mon avis considérées comme une première attaque »
A la question du député Lo Chih-cheng, le ministre a confirmé qu'il n'était pas nécessaire qu'il y ait une frappe, et qu'un survol par un avion militaire dans l'espace aérien serait bel et bien considéré comme une attaque.