L’Armée populaire de libération (APL) a débuté aujourd’hui une série d’exercices militaires à balles réelles dans sept zones situées autour de l’île principale de Taïwan, créant une situation d’encerclement dénoncée par le ministère de la Défense taïwanais.
La tenue des manœuvres militaires chinoises est une démonstration de force visant pour Pékin à protester contre la visite de la présidente de la Chambre des représentants américaine Nancy Pelosi, arrivée à Taïwan dans la nuit du mardi au mercredi et repartie le même jour.
Le ministère de la Défense taïwanais a indiqué cette après-midi que l'armée chinoise avait lancé plusieurs types de missiles balistiques de la série Dongfeng en mer au large du nord-est et du sud-ouest de Taïwan vers 13h56.
Au total, selon un communiqué de presse de la Défense taïwanaise publié à 17h30, ce sont 11 missiles balistiques de type Dongfeng qui ont été tirés entre 13h56 et 16h de l'après-midi au nord-est, au sud-ouest et à l’est des côtes de l’île principale.
Par ailleurs, de six annoncées initialement, le Bureau maritime et portuaire de Taïwan a annoncé aujourd'hui que la Chine avait par la suite ajouté une septième zone d'exercices à l'est de l'île. Le Bureau a demandé aux navires taïwanais d’éviter ces sept zones à partir d’aujourd’hui et ce jusqu’au 10 août.
La carte montre que les zones d'exercices, situées au nord, au nord-est, au nord-ouest, à l'est, au sud et ou sud-ouest de l'île principale, sont situées beaucoup plus près que celles observées lors de la troisième crise du détroit entre 1995 et 1996. Certaines empiètent même sur les eaux territoriales de Taïwan et la plus proche est située à 16,5 km de la péninsule de Hengchun, dans l'extrême sud de l'île principale.
Un autre communiqué de presse taïwanais, publié à 16h30, indique que depuis le début des exercices chinois, le niveau d'alerte de la défense des îles périphériques de Matsu, Wuqiu (à Kinmen) et Dongyin (Matsu) avait immédiatement été relevé et que par ailleurs, l'armée chinoise menait des exercices à balles réelles dans les eaux environnantes pendant l'après-midi.
Le ministère de la Défense taïwanais a ajouté que l'armée taïwanaise utilisait des méthodes d'alerte précoce, de surveillance et de reconnaissance pour suivre les développements en temps réel des exercices menés par l'Armée populaire de libération (APL). De plus, le ministère a affirmé que les systèmes de défense avaient été activés et que l'armée se tenait prête à combattre si nécessaire.
Le ministère a aussi condamné la Chine pour ses "actions irrationnelles", accusant cette dernière de menacer la paix régionale.