Le Yuan de contrôle a ordonné au ministère du Travail (MOL) d'appliquer les protections légales existantes pour les travailleuses migrantes enceintes à Taïwan, suite à une enquête sur la question menée par deux de ses membres, Wang Yu-ling (王幼玲) et Wang Mei-yu (王美玉).
Wang Yu-ling a noté que Taïwan a supprimé les tests de grossesse des contrôles de santé de routine des travailleurs migrants en 2015, et qu'il existe des lois interdisant aux employeurs de licencier les travailleuses migrantes pour cause de grossesse. Wang Yu-ling souligne que malgré ces protections, des employeurs et des courtiers font souvent pression sur les travailleuses enceintes pour qu'elles rompent leur contrat et rentrent chez elles avant le septième mois de leur grossesse.
Elle a ajouté que d'autres employeurs inventent des raisons pour mettre fin ou refusent de renouveler le contrat d'une travailleuse qui tombe enceinte. En conséquence, certaines travailleuses migrantes évitent de consulter un médecin pendant leur grossesse et certaines accouchent en secret de peur de perdre leur emploi.
Pour illustrer le problème, les membres du Yuan de contrôle ont cité des statistiques soulignant que 15 648 travailleuses migrantes ont reçu une allocation de maternité du gouvernement entre 2018 et 2021. Sur ce chiffre, 13 300 de ces travailleuses étaient déjà retournées dans leur pays d'origine lorsqu'elles ont reçu le paiement, dont 8 010 avaient quitté Taïwan après la fin de leur contrat.
En outre, la proportion de travailleuses migrantes enceintes dont le contrat de travail a été annulé et qui ont quitté Taïwan est passée d'environ 40 % en 2018 à 66,1 % en 2021, ce qui indique que le problème ne fait que s'aggraver.
Dans sa réponse à l’ordre reçu du Yuan du contrôle, le ministère du Travail a déclaré qu'il s'efforçait d'améliorer les conseils fournis aux travailleurs migrants sur leurs droits légaux à Taïwan, notamment par le biais de ses pages Web multilingues et d'un service de chatbot sur l'application de messagerie Line, et qu'il procéderait à des examens périodiques des questions soulevées dans le rapport.
Le nombre de travailleurs migrants à Taïwan était de l’ordre de 669 000 personnes à la fin de l’année dernière dont plus de 50% étaient des femmes, et 80% avaient entre 25 et 44 ans.