Le porte-parole du gouvernement taïwanais Luo Ping-cheng (羅秉成) a commenté, aujourd’hui en conférence de presse, un rapport de recherche publié par l’Université de Gothenburg, en Suède.
Le rapport rappelle que Taïwan est, depuis neuf années consécutives, le pays qui fait l’objet de plus d’attaques de désinformation de la part de forces hostiles étrangères et que Taïwan lutte donc constamment contre des opérations de guerre cognitive, en dehors des définitions traditionnelles de « temps de paix” ou de “temps de guerre ».
Luo Ping-cheng a déclaré que cette « guerre sans fumée » modifiait les comportements cognitifs et affectait les démocraties, et même les résultats des guerres en cas de conflit. Le porte-parole du gouvernement a aussi affirmé que la guerre russo-ukrainienne montrait que la propagande précédait la guerre sur le terrain et que la guerre psychologique était la « ligne la plus importante des lignes de défense ».
Le gouvernement a également assuré que les différents ministères et régions coopéraient ensemble pour prévenir et lutter contre la désinformation, et coopéraient aussi avec les organisations de la société civile pour éliminer les fausses informations.
Luo Ping-cheng a précisé que Taïwan faisait l’objet, depuis plusieurs années déjà, d’attaques cognitives depuis l’étranger qui pouvaient être classées en quatre catégories distinctes : « Nous avons déjà identifié les méthodes d'attaques de désinformation de la part de forces hostiles étrangères : la propagande de masse, les « Little Pink », les fermes de contenus et les « collaborateurs locaux ». Nous avons pu voir pendant la pandémie et pendant les élections que les attaques contre Taïwan étaient systématiques et organisées, ce qui montre que le récent rapport de l’Université suédoise de Gothenburg est véridique et que les Taïwanais ne doivent pas prendre cela à la légère. »
Notons que les « Little Pink » (小粉紅 en chinois) fait référence aux jeunes nationalistes chinois qui défendent systématiquement (et gratuitement) le gouvernement chinois sur internet, notamment en attaquant les internautes critiques du régime de Pékin.
Le porte-parole du gouvernement a ajouté que Taïwan devait, pour lutter contre la désinformation, cultiver la « littératie médiatique », c'est-à-dire la capacité à accéder, analyser et comprendre l’ensemble des médias, de la population en développant l’éducation aux médias.