Dans son documentaire, Taïwan une démocratie à l'ombre de la Chine, le réalisateur français Alain Lewkowicz s'intéresse à la démocratie participative et numérique taïwanaise et notamment au rôle des citoyens hackeurs en réponse aux menaces qui pèsent sur le pays.
Dans une interview donnée à CNA, il souligne que l'existence de Taïwan est unique et qu'il a voulu mettre en avant Taïwan à travers son documentaire.
Son documentaire a été sélectionné au festival international du film documentaire (FIPADOC) ou encore projeté à Genève dans le cadre du festival du film et forum international sur les droits humains (FIFDH). Le documentaire a été diffusé sur la chaîne franco-allemande ARTE en juillet.
Le réalisateur explique qu'après la diffusion du documentaire, il a reçu de nombreux retours d'encouragement de la part des Européens et en particulier des Français. Selon lui, beaucoup de Français ne connaissent pas Taïwan ou très peu. Il explique que ce film peut les aider à comprendre Taiwan, les problèmes liés au détroit de Taiwan et les dangers auxquels l'île est confrontée. Il ajoute que le plus important est qu'ils connaissent la démocratie innovante de Taïwan.
Dans le film, Alain Lewkowicz a, entre autres, filmé et interviewé Audrey Tang (唐鳳), ministre sans portefeuille en charge du numérique, qui mêle anarchiste, transgenre et hackeuse et qui a présenté son plan pour faire de Taïwan un « laboratoire mondial de démocratie directe ». De nombreux téléspectateurs ont exprimé leur intérêt pour la personnalité d'Audrey Tang. Il a souligné que le public français comparait automatiquement les systèmes démocratiques de Taïwan et de la France. Il explique que la France est une démocratie ancienne, centralisée, et beaucoup moins transparente que Taïwan. La démocratie à Taïwan est dynamique, extrêmement innovante et moderne. Il souligne cependant les défauts en parlant de démocratie fragile.
Alain Lewkowicz a aussi déclaré que le but de ce documentaire était de situer Taiwan et de placer l'île sur la carte du monde. Dans son documentaire, il tente de parler de Taïwan ou de la situation avec la Chine du point de vue taïwanais.
En réponse à une question portant sur les raisons de l'intérêt du réalisateur pour Taïwan, il explique que cela a commencé lors des élections présidentielles de l'an 2000 et il souligne qu'aucun pays dans le monde disposant d’un passeport, d’une monnaie, d’un président démocratiquement élu et d’une Constitution n’est pas reconnu par la communauté internationale. C'est pour lui sans précédent et unique, et que cela seul est digne d'attention.
A la fin de l'interview, Alain Lewkowicz a aussi déclaré que Taiwan est seul face au monde. Bien que les États-Unis soutiennent Taïwan, la France et l'Allemagne disent également qu'ils soutiennent l'île, mais selon lui, ces puissances occidentales sont hypocrites. Si la Chine attaque Taïwan demain et que personne ne se manifeste, ce sera pour lui, la fin de l'humanité et une impasse pour la démocratie mondiale.