Ce samedi, Chen Shih-chung (陳時中), le ministre de la Santé et commandant en chef du Centre de commandement de lutte contre les épidémies (CECC), a précisé, lors de la conférence de presse du CECC, les raisons pour lesquelles Taiwan n’accepte pas pour le moment les vaccins venant de Chine.
Alors que l’avenir pour Taiwan au niveau des vaccins n’est pas des plus optimistes certaines voix à Taiwan s’élèvent pour revendiquer l’achat des vaccins chinois et exhortent le gouvernement à se rapprocher de la Chine pour en commander. Taiwan est en effet un peu dans l’impasse avec l’annonce vendredi de l’Europe de contrôler l’exportation des vaccins vers les pays extérieurs principalement en raison d’un retard au niveau de la production par les deux principaux laboratoires Astrazeneca et BioNtech/Pfizer. Ce retard concerne jusqu’à 80% des vaccins commandés par certains pays rapporté ces deux dernières semaines. L’autre option, qui serait d’utiliser les vaccins taiwanais, semble compromise pour le moment étant donné qu’ils sont encore loin d’une mise sur le marché.
C’est à cette suggestion que Chen Shih-chung a répondu ce samedi en expliquant que même si la loi taïwanaise autorisait l’importation des vaccins chinois, les 3 vaccins chinois actuellement disponibles ne montrent juste pas assez de garanties pour être acceptés sur le territoire alors qu’un nouveau pays en Europe, la Hongrie, vient encore de signer un accord avec la Chine. Chen Shih-chung explique que parmi les 3 vaccins proposés par les laboratoires chinois, un d’entre eux n’a pas révélé les résultats de ses essais, un autre dont les résultats, après avoir été administré au Brésil, affichent un taux d’efficacité de seulement 50,4%. Même si l’ensemble de la population reçoit ce vaccin son immunité ne sera pas suffisante. Enfin pour le dernier vaccin, il annonce entre 78 et 79% d’efficacité mais les essais ont principalement été effectués sur les plus de 16 ans et il ne peut pas être attribué aux plus de 59 ans, cela signifie que 40% de la population taïwanaise ne peut pas recevoir ce vaccin. Même si l’ensemble des 60% restants reçoit ce vaccin, le taux d’efficacité au sein de la société ne sera que de l’ordre de 48%, ce qui est loin de l’objectif du CECC qui est de 65%.
D’autre part, lors de la même conférence de presse, la récente annonce de la Chine de généraliser les dépistages par prélèvement anal, a été citée pour demander l’avis du CECC sur l’efficacité d’un tel test. C’est l’épidémiologiste Lo Yi-chun (羅一鈞), qui a répondu à la question en confirmant que les deux voies principales de repérer le taux de viralité restent les voies respiratoires et les voies digestives. Taiwan avait fait des essais en 2020 en prélevant des selles de patients et avaient conclus à un résultat équivalent à celui du prélèvement nasal ou salivaire. Donc actuellement le dépistage anal n’est pas une piste compte tenu de l’inconfort que cela apporte chez les patients et qu’à moins qu’un résultant scientifique significatif ne soit apporté par la Chine, Taiwan ne changera pas sa méthode de dépistage. Enfin Luo Yi-chun a rappelé que la Chine est le seul pays a avoir adopté cette méthode pour le moment.