Après l’arrivée au pouvoir de Tsai Ing-wen en mai 2016, le gouvernement s’est engagé vers la justice transitionnelle et c’est dans ce cadre que le ministère de la Culture, duquel dépend la gestion du Mémorial, a lancé le processus de restructuration du Mémorial de Tchang Kaï-chek à Taipei.
L’appel d’offre organisée par le ministère de la Culture a été remporté par le groupe Watchout (沃草) réputé activiste au sein de la société civile taiwanaise qui avait notamment largement soutenu le mouvement des étudiants de 2014. Cette connotation trop engagée a provoqué la colère des députés Kuomintang qui y voient un choix politique au lieu, selon eux, d’assumer la neutralité nécessaire à ce processus de transition.
En réponse, la ministre de la Culture, Cheng Li-chiun (鄭麗君), a souligné que Watchout a été retenu par une procédure ouverte et transparente, ajoutant que le projet de transformation du Mémorial sera également sujet à des discussions ouvertes et délibératives auxquelles elle souhaite que les Taïwanais participent activement : « La loi martiale a été levée il y a trente ans. La question de conserver le mémorial de Tchang Kaï-chek établi pendant la période autoritaire doit être discutée par toute la population dans le cadre de cette transition pour décider comment le transformer. Nous respecterons le choix de la société et pensons qu’il n’y a aucune raison de s’inquiéter. »
Des auditions publiques seront donc ainsi organisées pour définir l’orientation de la transformation de ce mémorial controversé dont les murs de marbre blanc et le toit de tuiles violacées abritent une gigantesque statue en bronze du « Généralissime » assis sur son trône.