Si Taiwan a prohibé officiellement le commerce de l’ivoire en 1995, la vente des ivoires importées avant cette date est néanmoins tolérée. Cependant, 21 ans après cette interdiction, les marchands vendent toujours ce qu’ils appellent « les stocks » datant d’avant 1995.
Le député du parti au pouvoir, Huang Wei-cher (黃偉哲), s’est levé ce mardi pour exhorter la branche administrative à mettre en place un système de contrôle de l’écoulement des stocks d’ivoire : « A propos de la vente, à présent, il suffit qu’un commerçant déclare chaque année qu’il vend des stocks d’ivoire pour qu’il obtienne une autorisation de vente valable sur un an. Le gouvernement ne se préoccupe jamais de la vente réelle. Le gouvernement ne questionne jamais un commerçant même s’il vend 150 kg d’ivoire tout au long d’une année alors qu’il ne disposait que de 100 kg d’ivoire au début de l’année. Il n’existe pas de contrôle à ce niveau. Par conséquent, le commerce de l’ivoire ne finit jamais. Il y a de quoi douter de la rationalité du système. »
A la suite du questionnement du député, l’organisme en charge du contrôle des ivoires, la commission ministérielle de l’agriculture, a indiqué que les contrôles en vigueur sont instaurés au niveau de la douane donc à la source et qu’elle entend compléter le système par l’inventaire des stocks à l’échelle régionale dès l’année prochaine. Le député Huang Wei-cher aborde le sujet de l’ivoire sur la demande de quelques organisations non gouvernementales taiwanaises qui réagissent à une étude récente soulignant que 90% de l’ivoire saisie par les autorités proviennent des éléphants abattus il y a moins de trois ans.