Selon la loi actuelle, au terme de leur contrat, tous les travailleurs étrangers doivent quitter Taiwan pendant au moins un jour afin de préparer leur prochain contrat. Ceci les obligent à refaire toutes les démarches par l’intermédiaire d’une agence dans leur pays et d’une autre à Taiwan en leur payant des sommes considérables. Aujourd’hui, le parlement a adopté en lecture définitive une révision de ce réglement en supprimant la sortie obligatoire afin d’éviter les dépenses importantes des travailleurs.
La députée démocrate Wu Yu-chin (吳玉琴) a indiqué : « Jusqu’ici, les travailleurs étrangers devaient quitter le pays tous les trois ans et payer à leurs agences des frais de 75 000 à 180 000 dollars taiwanais, selon les pays. Ils sont exploités par les agences dans leurs pays depuis longtemps. La révision mettra fin aux exploitations depuis 24 ans. Elle a aussi répondu à l’appel de l’Organisation internationale du travail pour l’amélioration des droits des travailleurs à Taiwan. »
Devant le parlement, des groupes représentant les agences intermédiaires et les partisans des travailleurs ont protesté chacuns de leur côté. Les premiers ont averti que la révision ne pourra qu’aggraver le problème d’évasions de travailleurs et de travail au noir de ces derniers. Quant aux partisans des travailleurs, ils ont exhorté les députés à la détermination. « Nous tenons à souligner que les droits de l’Homme doivent primer sur les intérêts. Les intérêts des agences ne doivent pas prévaloir sur les droits des 500 000 travailleurs étrangers ni sur ceux de leurs employeurs. Nous conseillons aux députés, surtout du parti démocrate progressiste, de ne pas céder aux pressions des agences en méprisant les droits des travailleurs et des employeurs, » a souligné la militante Chen Rong-Rou (Betty Chen陳容柔).