Le 1er septembre marquait à Taiwan la journée nationale des journalistes mais c’est aussi le jour qu’a choisi un groupe de professionnels du secteur pour annoncer la mise en place d’un syndicat national de l’industrie des médias. Le but de cette nouvelle organisation est de protéger les droits et la santé des travailleurs de ce milieu. Selon ses fondateurs, tous les employés de ce secteur sont les bienvenus, les reporters, les photographes, tout comme les agents publicitaires et les chauffeurs.
Tim Cheng (鄭一平), l’une des personnes à l’origine de ce projet, explique que les propriétaires de médias à Taiwan ont pris l’habitude de faire faire des heures supplémentaires à leurs employés. Dans la ville de Taipei, l’inspection du travail a dénombré 34 entreprises violant le code du travail en 2015, avec un total d’amendes à payer s’élevant à 10 millions de dollars taiwanais, soit 280 mille euros. Selon Zooey Lu (呂苡榕), qui essaie de faire valoir les droits des employés du secteur, 80% de ces amendes avaient pour cause les heures supplémentaires non payées des employés. Selon Tim Cheng, de nombreux cas d’abus devraient amener les employeurs au tribunal mais comme les employés ne sont pas syndiqués, ils sont incapables de répliquer. Les conditions de travail dans l’industrie des médias se sont dégradées depuis que tout le monde cherche continuellement de l’actualité en temps réel.
En outre, selon Liu Chang-de (劉昌德), professeur du département de journalisme de l’Université nationale Chengchi, le salaire moyen des journalistes a baissé de 13% entre 2003 et 2013, quand le nombre total d’employés dans ce secteur a lui chuté de 20% ces dix dernières années.