En octobre 2015, la commission européenne avait adressé un carton jaune à Taiwan en matière de pêche illégale, donnant à l’île un délai de six mois pour renforcer les mesures de lutte contre la pêche illicite ou les sorties en mer non déclarées dans un objectif de pêche. Au-delà de ce délai, la commission européenne se réservait le droit d’adresser un carton rouge, qui exposerait Taiwan à des sanctions commerciales concrètes.
Depuis, le gouvernement taiwanais a amendé la loi sur la pêche et renforcé les mesures de lutte contre la pêche illégale ou non déclarée en mars dernier, soit juste avant l’expiration du délai en obtenant un délai supplémentaire de six mois.
Cependant jusqu’à présent, les projets sont toujours bloqués au Parlement faute d’un consensus. La commission européenne qui a envoyé une délégation à Taipei au début du mois reste insatisfaite de la situation actuelle, comme nous l’explique Huang Hung-yan (黃鴻燕), vice responsable du bureau en charge de la pêche : « La commission européenne se préoccupe des questions du contenu des projets de loi. Elle est avertie qu’il existe de nombreuses versions d’amendements soulevés par des députés et elle s’inquiète de voir l’adoption finale des textes trop différents des projets de départ. Si les intentions du texte présenté par le bureau de la pêche sont perdues, alors la commission européenne considèrerait cela comme un échec. »
Notons que si la commission européenne adresse un carton rouge à Taiwan, l’île se retrouverait alors sur la liste des pays non coopératifs en matière de lutte contre la pêche illégale et risquerait des sanctions commerciales pouvant aller jusqu’à la mise en place d’un embargo à l’égard des produits de la pêche taiwanaise.