Elargir à la population les réflexions sur les politiques gouvernementales n’est pas une première pour Taiwan qui a déjà procédé à ce genre de pratiques, notamment sur les problématiques de la peine capitale et des mères porteuses. Cette tendance devenant davantage internationale, la commission ministérielle de l’agriculture a souhaité reprendre ce concept pour définir sa politique de gestion des chiens errants. Cette session qui s’ouvrira le 15 juin prochain fera intervenir 20 citoyens de plus de 18 ans qui participeront aux discussions. Pour Wu Chung-hsien, professeur en gestion administrative de l’université de Tainan et membre du comité exécutif de ce projet, il conviendra cependant de bien informer au préalable le groupe de citoyens qui participera. Ses explications : « Nous devons permettre à ces citoyens d’obtenir des informations pertinentes avant de prendre une décision. Dans la société d’aujourd’hui, bien souvent des décisions sont prises sur l’instinct. Quand les gens voient quelque chose qui leur parait bien, alors ils pensent qu’il faut faire ainsi. A contrario, s’ils voient quelque chose qui ne leur semble pas bien, alors ils pensent qu’il ne faut pas le faire. C’est le genre de débat qui peut avoir lieu dans une situation de manque d’informations et au final, les mesures politiques ont des effets négatifs. »
L’objectif de ce débat sera de trouver un consensus quant à la politique de stérilisation des chiens errants et son éventuelle poursuite, une question faisant particulièrement débat depuis 1998, lorsque Taiwan a acté sa loi sur la protection des animaux.