Après l’entrée par effraction dans les bureaux du ministère de l’Education d’un groupe de 30 personnes ainsi que de 3 journalistes durant des manifestations contre la réforme des programmes scolaires, les 11 mineurs interpellés ont été relachés par les juges pour enfants sous le motif que leur jeune âge ne leur permettait pas encore de bien connaître la loi. Le cas des journalistes prête plus à controverse depuis hier, car leur arrestation même est considérée par beaucoup comme anticonstitutionnelle. Les policiers ont justifié leur arrestation en expliquant qu’ils les avaient pris pour des manifestants, chose qui reste difficile à croire quand on sait que ces 3 journalistes couvrent très régulièrement les mouvements sociaux et les manifestations à Taipei.
Après avoir hier refusé de payer leurs cautions de 10 000 dollars taiwanais chacun, les 3 journalistes ont finalement été libérés et doivent rester joignables par les autorités jusqu’à ce que leur cas soit éclairci. Le ministre de l’Education Wu Se-hwa a réagi aujourd’hui. Il a expliqué avoir un respect absolu pour le 4ème pouvoir, et un grand respect pour les libertés d’expression et de la presse garanties par la constitution. Il espère donc que la situation sera vite mise au clair avec la police, afin de définir si les journalistes sont entrés dans les bâtiments du ministère pour reporter ce qu’il s’y passait ou pour participer à l’effraction. Le ministre affirme qu’il faut s’assurer du rôle exact des journalistes dans les événements et que s’ils y ont participé, voire s’ils les ont encouragés, ils doivent être poursuivis. Dans le cas contraire, le ministère abandonnera toute charge contre eux.
Le ministère de l’Education pointe le fait que Taiwan est une démocratie et qu’il faut respecter et protéger les médias, mais rappelle à tous que la démocratie doit être chérie et qu’il faut exprimer ses demandes de manière rationnelle et pacifique.