L’initiative est signée de trente experts, chercheurs et hommes d’affaires taiwanais et chinois, afin de proposer aux entreprises chinoises un support complet présentant l’environnement de l’investissement à Taiwan suite à l’ouverture de l’île aux investisseurs de la partie continentale en 2009.
Depuis cette date, le total des investissements chinois à Taiwan atteint à peine 1,2 milliards de dollars américains, représentant seulement 1% des investissements chinois à l’étranger. A l’inverse, à titre de comparaison, les investissements taiwanais en Chine s’élèvent à 140 milliards de dollars américains.
Certains chercheurs estiment que ce rapport déséquilibré résulte d’une maîtrise insuffisante des Chinois de la situation économique globale insulaire ou des divers secteurs de Taiwan. Ce livre bleu sur l’investissement à Taiwan souhaite donc offrir une meilleure compréhension de l’environnement économique insulaire.
L’un des auteurs, Tung Chen-yuan, professeur de l’université nationale Chengchi a évoqué le projet gouvernemental des zones franches pilote, visant à attirer davantage d’investisseurs internationaux. Il estime cependant que le projet, étant très vaste, fait sujet de contestations et qu’il faudrait davantage soulever un point précis comme zone pilote : « J’espère qu’à l’avenir Kinmen devienne une zone franche pilote pour permettre la mise en place d’échanges étroits avec le monde et en partculier avec la Chine continentale. Ainsi, c’est à Kinmen qu’on verrait les bénéfices concrets de ces échanges économiques entre les deux rives, tout comme les risques relatifs. Et, suite au lancement de ce projet pilote de Kinmen, une évaluation des risques permettrait de mettre au jour les aspects positifs à étendre sur l’ensemble de Taiwan. »
Par ailleurs, ce livre bleu souligne les avantages du marché taiwanais, malgré sa petite taille, citant notamment les investissements d’affaire des Taiwanais en Asie, assurant des liens étroits et coopérations par exemple avec le Japon ou encore les échanges et partenariats avec la vaste Silicon Valley américaine. Toutefois, pour le vice-président du centre de recherche économique Chung-Hua, Wang Jiann-chyuan, Taiwan doit veiller à ce que les atouts des investissements chinois ne deviennent pas un risque de disparition progressive des intérêts et savoir-faire taiwanais.