Taiwan a durci ses mesures d’importations des produits alimentaires japonais vendredi 15 mai suite à une affaire d’étiquetage frauduleux outrepassant le ban posé sur des produits alimentaires issus de cinq préfectures nippones qui ont subi les répercussions de l’incident nucléaire de Fukushima le 11 mars 2011. Cette décision taiwanaise n’est pas pour plaire au Japon qui a menacé de porter l’affaire à l’organisation mondiale du commerce, OMC, en revendicant le caractère inapproprié de la mesure. Aujourd’hui, Lai Hsin-yuan, membre de la représentation taiwanaise à l’OMC, a contrecarré en avançant le caractère légal de ce renforcement temporaire des contraintes d’étiquetage de produits importés alors qu’au mois de février, de fausses étiquettes de produits en provenance de régions qui suite à l’explosion de la centrale nucléaire Daiichi de Fukushima n’étaient plus autorisées à exporter leurs produits à Taiwan ont été découvertes.
L’administration de l’alimentation et du médicament de Taiwan exige désormais de faire apparaître le lieu de production exact de tous les produits alors que les denrées issues des préfectures de Fukushima, Ibaraki, Tochigi, Gunma et Chiba restent interdites sur le territoire taiwanais. A ces nouvelles règles s’ajoute la nécessité pour les importations de thé, de nourriture pour nourrissons et de produits liés à l’aquaculture en provenance des préfectures de Tokyo et de Shizuoka d’être accompagnées d’un certificat assurant qu’ils ne contiennent aucune trace de contamination radioactive.
Lai Hsin-yuan a précisé que si le Japon peut réclamer des preuves scientifiques à Taiwan du danger que représentent leurs produits à l’exportation pour le marché taiwanais, elle a rappelé cependant que les mesures sanitaires et phytosanitaires de l’OMC n’interdisent pas des mesures de restriction temporaires apposées sur certains produits alimentaires jugés à risques. Notons que Lai Hsin-yuan a d’ailleurs rappelé que la Chine continentale de même que la Corée du Sud ont également adopté des mesures similaires sur les importations de produits nippons malgré les protestations de Tokyo.