Cela fera dix ans que les Vietnamiens ne pouvaient plus obtenir de permis de travail à Taiwan en tant qu’aides à domicile ou pêcheurs. Cette interdiction apposée par Taiwan pour réagir au fort taux de pourcentage de ces travailleurs qui prenaient la fuite une fois arrivés sur le sol taiwanais va finalement être levée le 1er juillet de cette année. Cette décision est expliquée à deux niveaux, tout d’abord pour répondre à la demande taiwanaise pour l’embauche de ces catégories de travailleurs et d’autre part suite à des négociations satisfaisantes par les deux pays. Chen Hsiung-wen, ministre du travail a avancé ce point après avoir participé à deux jours de réunions ministérielles, les 26 et 27 avril, dédiées au sujet. Notons que la levée de l’interdiction doit encore obtenir l’approbation du Yuan exécutif avant d’être appliquée et qu’il s’agira dans un premier temps d’une période d’essai d’un an.
Durant cette période d’essai, les deux parties discuteront plus en détails le contenu des programmes de formations auxquels seront soumis les ouvriers vietnamiens avant de venir à Taiwan exercer un travail. Enfin, les deux pays s’attaqueront à des dossiers plus sensibles tels que les frais de commissions jugés souvent exhorbitants que facturent les agences.
Notons qu’en mai 2004, l’interdiction a été émise pour les pêcheurs vietnamiens, suivie d’une autre pour les aides à domiciles en janvier 2005. Cependant, alors que l’Indonésie menace d’interdire à ses ressortissants d’aller occuper des postes dans certains pays du Moyen-Orient et d’Asie, dont Taiwan, le pays cherche à compenser la pénurie potentielle de main d’oeuvre que cela créerait.
Selon les chiffres du ministère du travail, on décomptait en janvier 2015 231 489 ouvriers indonésiens, composant 41,6% de l’origine des travailleurs étrangers exerçant un emploi à Taiwan pour un total de 556 412 personnes.