En ce jour de célébrations commémorant l’incident du 28 février 1947 au mémorial de la paix dédié à cette tragédie du passé, le Président Ma Ying-jeou et le maire de Taipei Ko Wen-je ont affiché présent. L’interaction entre les deux hommes de différentes affiliations politiques a été suivie de près par la presse qui s’est attardée sur la froideur du maire de Taipei à l’encontre du Président de la République, refusant de lui serrer la main. Le grand-père de Ko Wen-je est l’une des victimes de la réponse violente du parti nationaliste du Kuomintang contre la révolte de la population. Détenu par les forces nationalistes, il est tombé malade et est décédé quelques années après avoir été incarcéré et battu comme de nombreux autres Taiwanais. Plusieurs milliers de personnes décéderont ensuite lors des sombres années de la Terreur Blanche durant laquelle le Kuomintang a instauré la loi martiale.
Alors que le Président s’est avancé ce matin vers les invités de la cérémonie commémorative, le maire de Taipei qui tenait plusieurs mouchoirs dans la main ne la lui a pas serré. Ses proches, à commencer par sa mère ont invoqué en guise d’explication l’impolitesse d’une poignée de main échangée alors que le maire tenait des mouchoirs usagés.
Le maire de Taipei, indépendant, a été soutenu lors des élections au mois de novembre 2014 par le parti à l’opposition, le DPP. Le Président taiwanais quant à lui est de la branche nationaliste du Kuomintang. Même s’il s’agit de ne pas oublier la tragédie, les deux parties ont affiché leur bonne volonté d’oeuvrer pour la paix.