L'ancienne députée du KMT, Cheng Li-wen (鄭麗文) a annoncé aujourd’hui la fondation d’une alliance d’opposition, qui n’est ni un parti, ni une organisation politique, en collaboration avec des universitaires, des enseignants en d’anciens responsables gouvernementaux. On trouve notamment parmi eux l’académicien Chen Pei-jer (陳培哲) de l’Academia Sinica, l’enseignante Ou Kuei-chih (區桂芝) de Taipei First Girls’ Highschool, le directeur de la Fondation Ma Ying-jeou, Hsiao Hsu-tsen (蕭旭岑), Holger Chen (陳之漢), célébrité internet, et Liao Yuan-hao (廖元豪), professeur de droit à l’Université nationale Chengchi.
Cheng Li-wen a expliqué qu’elle était particulièrement inquiète par « le recul de la démocratie à Taïwan », qui serait notamment dû selon elle, à une tendance « fasciste » du parti démocrate progressiste (DPP) au pouvoir, « portant atteinte à l’indépendance de la justice et à la liberté de la presse ». Elle a précisé que l’alliance nouvellement créée avait cinq missions principales : remédier à la fragmentation et à la personnalisation de la politique, œuvrer pour une participation politique en dehors du système et promouvoir l’accès à la société civile aux postes politiques, proposer des politiques alternatives élaborées par la base, prendre position dans le cadre de la plateforme de négociations de paix entre les deux rives du détroit, et former une nouvelle génération d’experts de la politique et de l’action publique.
Des députés du KMT (Kuomintang) et du TPP (Parti du Peuple taïwanais) étaient présents lors de l’inauguration de l’alliance ce matin, ainsi que Jaw Show-kong (趙少康) qui était le candidat du KMT au poste de Vice-Président lors de l’élection présidentielle de 2024. La secrétaire générale du groupe parlementaire du KMT, Wang Hung-wei (王鴻薇) a quant à elle déclaré aux médias qu’elle voyait d’un oeil positif toute mobilisation de personnes qui s’opposent à la campagne de destitution en cours de députés du KMT.
Wu Szu-yao (吳思瑤), secrétaire générale du groupe parlementaire du DPP, a de son côté minimisé l’impact de cette alliance sur les campagnes de destitution. Elle a souligné que les membres de cette alliance étaient tous « pro-Chine », « extrémistes » et tenaient des « discours de haine ».
Quant au TPP, son président Huang Kuo-chang (黃國昌) a déclaré qu’il respectait la formation spontanée d’une large alliance d'opposition non-partisane, espérant que cela allait dynamiser la démocratie taïwanaise.