Le Bureau des produits alimentaires et pharmaceutiques (FDA) du ministère de la Santé a annoncé hier, 22 mai, qu’elle venait de modifier le règlement sur l’importation de bœuf et de produits bovins japonais. Cela revient à supprimer la restriction selon laquelle seul le bœuf de moins de 30 mois pouvait être importé.
En raison de l’épidémie d'encéphalopathie spongiforme bovine (maladie dite de la “vache folle”), Taïwan avait interdit en 2003 l’importation de bœuf en provenance des pays touchés, notamment les États-Unis, le Canada et le Japon. Taïwan a levé, avec certaines conditions, l'interdiction des importations de bœuf japonais en 2017 et a progressivement assoupli les importations de bœuf de tout âge en provenance des États-Unis et du Canada en 2021 et 2023, mais le marché taïwanais n’était ouvert qu’au bœuf japonais de moins de 30 mois.
Concernant les risques liés au bœuf japonais, le directeur de la FDA, Chiang Chih-kang (姜至剛) a indiqué que de nombreux examens avaient été réalisés depuis 2019. En 2022, une équipe de la FDA s’était également rendue au Japon avec des experts pour effectuer des inspections d'usines, dont les résultats ont été publiés sur le site de la FDA. Ces résultats ont montré un risque très faible, qui toucherait une personne sur 150 millions.
Chiang Chih-kang a rappelé que 90 % consommé à Taïwan était importé, et que le bœuf japonais ne représentait que 1,4 % du total. Selon la FDA, les trois principaux pays d'origine du bœuf importé en 2023 étaient les États-Unis (38 %), le Paraguay (26,6 %) et l'Australie (18,6 %), le Japon se classant sixième.
Le dernier cas de maladie de "vache folle" au Japon remonte à 2009, il y a 15 ans. L'Organisation mondiale de la santé animale a par ailleurs identifié le Japon comme un pays à risque négligeable.
La décision des autorités de la santé a cependant été vivement contestée par la Fondation des consommateurs. Cette dernière a souligné que le risque de maladie de la “vache folle” existe toujours dans le bœuf japonais. Selon la fondation, le Japon a connu plus de 10 cas depuis 2001 et la période d'incubation est de 10 ans. Elle survient généralement chez les bovins de plus de 5 ans, d’où l'importance, selon la fondation, de maintenir l’interdiction des importations de bœuf de plus de 30 mois, afin d’éviter tout risque de développer la maladie de Creutzfeldt-Jakob, l’équivalent chez l’humain de la maladie de la “vache folle” chez les bovins.