Suite aux vives tensions de ces derniers mois au Yuan législatif, sur la question des coupes budgétaires ou de la réforme de la Cour constitutionnelle notamment, des groupes de la société civile ont engagé des procédures de destitution à l’encontre de certains élus. Actuellement, selon la Commission centrale des élections (CEC), 35 demandes de destitution de députés et du Kuomintang (KMT) et 15 du Parti démocrate progressiste (DPP) ont passé la première phase (pétition signée par 1% des inscrits sur les listes électorales de leurs circonscriptions respectives) et sont donc désormais entrées dans la deuxième phase. Celle-ci consiste à réunir en moins de deux mois les signatures de 10% des inscrits sur les listes électorales respectives, avant de pouvoir procéder à un vote.
Ces dernières semaines, plusieurs initiateurs des projets de destitution avaient été accusées d’avoir falsifié des signatures pour des pétitions de destitution visant des députés du DPP. Six ont été libérées ce matin, dont cinq sous caution, par les procureurs de Taipei et Nouveau Taipei après avoir été interrogées. Par ailleurs, des procureurs de Nouveau Taipei ont procédé à une perquisition au bureau du KMT dans l’arrondissement de Banqiao ce matin en lien avec ces dossiers. A cet égard, le KMT a pointé du doigt le fait que les procureurs n’enquêtaient que sur d’éventuelles falsifications de signatures dans le cas de destitution d’élus du DPP, faisant peser les soupçons uniquement sur le KMT.
Le président de la Commission centrale des élections, Lee Chin-yung (李進勇), a déclaré à ce sujet que la commission envoyait à la Justice tout cas suspect de falsification. A ce jour, 41 projets sont soupçonnés d'avoir des signatures falsifiées, dont 39 ont déjà été transférés aux procureurs. Les deux autres le seront une fois que suffisamment d’informations seront récoltées. Lee Chin-yung a précisé que la Commission centrale des élections respectait le travail des autorités judiciaires et n’avait aucun commentaire à faire. La Commission centrale des élections ne fait aucune discrimination et estime que la Justice traitera ces affaires en toute impartialité, a-t-il souligné.