Selon certains médias taïwanais, des conjoints chinois(es) installé(e)s à Taïwan depuis de nombreuses années ont reçu récemment des avis du Bureau de l'immigration, leur demandant de soumettre un “certificat notarié d’abandon d’enregistrement d’état civil en Chine vérifié par la Fondation pour les échanges inter-détroit (la SEF)”, faute de quoi leur enregistrement sur les registres d’état civil à Taïwan serait révoqué. Afin de clarifier la situation, le Bureau de l’immigration a publié aujourd’hui un communiqué, indiquant que cette mesure était raisonnable et conforme à la réglementation sur les relations entre les peuples des deux rives du détroit et d’autres législations.
Le Bureau de l’immigration a précisé que si les personnes en question rencontraient des difficultés pour se procurer un justificatif d’abandon de leur enregistrement d’état civil en Chine (RPC), ils pouvaient le signaler. Le Bureau a indiqué qu’il coopérait avec la Commission ministérielle des Affaires continentales (MAC), la Fondation pour les échanges inter-détroit (SEF) et d’autres agences compétentes, en vue de rechercher des solutions appropriées.
Depuis quelques semaines, le gouvernement taïwanais souhaite s’assurer que personne ne soit enregistré à l’état civil à Taïwan, tout en possédant en même temps un passeport ou un certificat d’état civil en Chine. Cette situation pourrait en effet provoquer un conflit entre les droits et obligations à l’égard du gouvernement taïwanais et du gouvernement chinois.
Le Bureau de l'immigration a déclaré qu'à ce jour, plus de 140 000 conjoint(e)s chinois(es) ont été autorisé(e)s à s'installer à Taïwan. Une enquête a montré que la plupart avaient déjà présenté des preuves d’abandon de l’enregistrement sur les registes d’état civil en République populaire de Chine. Les rares personnes qui n’ont pas encore soumis ce document pourraient ne pas avoir été en mesure de retourner en Chine afin de l’obtenir, en raison du Covid-19 ou d’autres facteurs.
Pour mémoire, l’éditeur Li Yanhe (李延賀), aussi connu sous le nom de plume Fucha (富察), ressortissant chinois qui s’est installé à Taïwan en 2009 suite à un mariage avec une Taïwanaise, a été arrêté à son arrivée à Shanghai en 2023, alors qu’il s’y était rendu pour se faire radier des registres d’état civil en Chine, afin de déposer une demande de nationalité taïwanaise. Il a été condamné en mars dernier en Chine à trois ans de prison et une amende pour incitation à la sécession.
Le Bureau de l'immigration a souligné que si des ressortissant(e)s d’origine chinoise installé(e)s à Taïwan depuis longtemps, qui ont un emploi stable, mènent une vie sans histoires, respectent la loi et s'identifient à la République de Chine (nom officiel de Taïwan), rencontrent des difficultés substantielles pour obtenir des documents justificatifs de la part du gouvernement chinois, le gouvernement taïwanais protégera leurs droits et intérêts conformément à la loi.