Alors que la Birmanie (Myanmar) est sinistrée par un séisme de 7,7 sur l’échelle de Richter survenu vendredi dernier, le gouvernement n’a pas donné l’autorisation aux équipes de sauvetage taïwanaises, pourtant expérimentées, qui étaient prêtes dès le vendredi soir à se rendre sur place, afin de participer aux secours et recherches de survivants dans les décombres.
Actuellement, seules la Chine, la Russie, l’Inde, la Thaïlande, la Malaisie et Singapour ont déjà pu envoyer leurs équipes en Birmanie pour prendre part aux secours, tandis que les équipes d’intervention indonésiennes devraient pouvoir y entrer cette semaine. Dans ce contexte, l’ONG Human Rights Watch (HRW) a appelé aujourd’hui la junte militaire au pouvoir et les groupes armés d’opposition à ne pas entraver l’assistance humanitaire pour quelque raison que ce soit, en accord avec le droit international humanitaire.
HRW a en outre critiqué l’armée birmane pour avoir mené des frappes aériennes et restreint les communications Internet dans la zone sinistrée. Le communiqué de l’ONG précise que le porte-parole du gouvernement birman a déclaré que les médias étrangers ne seraient pas autorisés à entrer dans le pays.
Selon Tamas Wells, chercheur au Myanmar Research Network (MRN) de l'Université de Melbourne, la junte birmane craint l’intervention de la communauté internationale en raison de considérations politiques, compte tenu du fait que la légitimité du régime est reconnue par peu de gouvernements étrangers. Malgré le séisme et ses graves conséquences humanitaires, l’obsession du régime, selon Tamas Wells, demeure sa consolidation. Le fait que l’armée birmane ait continué de mener des opérations militaires dans la zone sinistrée montre que sauver des vies n’est pas la priorité du gouvernement, a-t-il souligné.
Rappelons qu’à ce stade, le bilan (provisoire) du séisme établi par le gouvernement birman s’élève à plus de 2700 morts et 4500 blessés.