Le président taïwanais Lai Ching-te (賴清德) a réuni aujourd'hui une réunion de haut niveau pour discuter des menaces chinoises envers la sécurité de Taïwan. À l’issue de cette réunion, le président a prononcé un discours, affirmant que l'ambition chinoise d'annexer Taïwan et de détruire la République de Chine (nom officiel de Taïwan) n'avait pas changé depuis plusieurs décennies.
Lai Ching-te a déclaré que la tactique de front uni, alliée aux intimidations verbales et militaires, devenaient de plus en plus sérieuses, ajoutant que la Chine avait tiré avantage de la démocratie taïwanaise en recrutant des gangsters, des médias, des partis politiques et même des officiers de police et de l'armée taïwanaise à la retraite pour semer la division et mener des actions de sabotage et de subversion.
Le président a rappelé que, selon les chiffres du Bureau de sécurité nationale, 64 personnes avaient été poursuivies dans le cadre d'affaires d'espionnage pour le compte de la Chine en 2024, soit trois fois plus qu'en 2021. L'année dernière, 15 officiers en exercice et 28 militaires retraités ont fait l'objet de procès pour espionnage pour le compte de la Chine, représentant 66 % des personnes impliquées dans des affaires d'espionnage pour le compte de la Chine.
Lai Ching-te a ensuite proposé trois stratégies pour répondre à l'infiltration chinoise et aux menaces d'espionnage au sein de l'armée, à savoir, tout d'abord, réévaluer entièrement et amender la Loi sur les procès militaires pour restaurer le système des procès militaires, permettre aux juges militaires de la cour martiale de pouvoir coopérer avec les autres autorités judiciaires pour traiter des affaires criminelles impliquant du personnel militaire ayant commis des crimes militaires tels que la trahison, l'aide de l'ennemi, la fuite de secrets-défense, le manquement à leurs devoirs, la désobéissance aux ordres, et permettre au personnel militaire en exercice d'être poursuivi par un tribunal militaire.
Le deuxième point de la stratégie proposée par le président consiste, pour le gouvernement, à proposer la législation nécessaire à la reprise du système de procès militaires pour que ces derniers, qui existaient sous la loi martiale avant d'être limités en 2013 en temps de guerre, puissent obtenir le soutien et la confiance de la société.
Et enfin, le troisième point consiste à diminuer efficacement les propos et les actions controversées du personnel militaire retraité visant à saper le moral de l'armée. Le président a précisé qu'il s'agissait pour le ministère de la Défense de réfléchir à amender le Code pénal des trois armées afin d’ajouter des sanctions supplémentaires à l'encontre de ceux qui "déclareraient leur loyauté envers l'ennemi" en touchant à la pension de retraite des militaires retraités.