Le 21 juin 2024, les autorités chinoises ont présenté un texte en 22 points, prévoyant des sanctions lourdes, notamment des peines de prison et pouvant aller jusqu’à la peine de mort, à l’encontre des personnes incitant à la sécession ou soutenant l’indépendance de Taïwan. Dès la publication de cette nouvelle réglementation, la Commission ministérielle des affaires continentales (MAC) avait mis en garde les Taïwanais quant à leur sécurité lorsqu’ils se rendent en Chine. Ce matin, le président de la MAC, Chiu Chui-cheng (邱垂正) a révélé lors d’une interview qu’après la promulgation de ce texte, la MAC avait reçu de nombreuses plaintes de Taïwanais ayant rencontré des problèmes, tels que des interrogatoires ou des détentions, lors de déplacements en Chine.
Il a déclaré : “Selon nos statistiques, du 1er janvier 2024 à ce jour, la MAC a reçu 65 dossiers, dont 52 concernent des personnes avec qui le contact a été perdu une fois en Chine ou dont on suspecte qu’ils ont fait l’objet d’une restriction de liberté.”
Par ailleurs, certains universitaires taïwanais ont été interrogés et leurs ordinateurs et téléphones contrôlés par les autorités chinoises lorsqu’ils se sont rendus en Chine. En outre, alors qu’autrefois, les autorités chinoises notifiaient les autorités taïwanaises lorsqu’un Taïwanais était arrêté en Chine, cela n’est plus le cas. C’est seulement après que la MAC ait été notifiée de la perte de contact d’un Taïwanais en Chine par sa famille, que la partie chinoise confirme une arrestation et le lieu.
Chiu Chui-cheng a ainsi une nouvelle fois appelé les Taïwanais à faire très attention à leur sécurité personnelle lorsqu’ils se rendent en Chine.
Il a précisé que la MAC avait fait savoir à plusieurs reprises à son homologue du côté chinois, le Bureau des affaires taïwanaises, que cette réglementation ne faisait qu’aggraver les relations entre les peuples des deux côtés du détroit de Taïwan.
Chiu Chui-cheng s’est aussi exprimé sur le fait que certains Taïwanais auraient en même temps un permis de résidence en Chine, mis en place par la Chine à partir de 2018. Chiu Chui-cheng a déclaré à cet égard que le gouvernement proposerait un amendement aux dispositions concernant les relations inter-détroit, après consultation d’experts juridiques, afin de régler ce problème.