Sept personnes ont été inculpées dans une affaire d'espionnage pour le compte de la Chine. Le Bureau des procureurs de Taichung a indiqué que le premier suspect dans l'affaire était un certain Chu Hung-yi (屈宏義), président du Fukang Alliance Party(復康聯盟黨), un petit parti politique taïwanais. Le Bureau a précisé que les six autres suspects étaient des militaires retraités, et que tous avaient été inculpés en août dernier sur la base de la loi de sécurité nationale et de la loi anti-infiltration.
Le communiqué de presse du Bureau indique que les 7 suspects sont soupçonnés d'avoir reçu de l'argent pour photographier et fournir les coordonnées GPS d'installations militaires taïwanaises à des contacts basés en Chine. Les infrastructures concernent notamment des stations radars, mais aussi le bureau de l'Institut américain à Taïwan.
Les procureurs estiment que Chu Hung-yi a recruté des officiers militaires taïwanais à la retraite pour l'aider dans sa mission et a reçu plus de deux millions de dollars taïwanais (environ 59 000 euros) et d'autres fonds versés via WeChat et d'autres transferts illégaux.
Le Bureau des procureurs de Taichung a précisé que l'affaire remontait à 2022 et avait initialement été prise en charge par le Bureau des procureurs de Miaoli. Les procureurs de Miaoli avaient à l'époque enquêté sur un candidat au conseil municipal de Miaoli, un certain Huang Kui-kun (黃桂坤), accusé alors d'avoir accepté de l'argent chinois pour financer sa campagne, en violation de la loi anti-infiltration.
Les procureurs de Miaoli étaient remontés jusqu'au Fukang Alliance Party et avaient découvert que des membres étaient soupçonnés d'avoir violé la loi de sécurité nationale, après quoi l'affaire a été transférée au Bureau des procureurs de Taichung.
Le ministère de l'Intérieur a indiqué que les actions du Fu Kang Alliance Party constituaient une menace pour la sécurité nationale et l'ordre constitutionnel démocratique de Taïwan et que le ministère allait demander la dissolution du parti auprès de la Cour constitutionnelle.
Chu Hung-yi, qui risque une peine de sept ans de prison et une amende pouvant aller jusqu'à 100 millions de dollars taïwanais (environ 3 millions d’euros), nie les accusations qui sont portées contre lui et continue d'affirmer que l'argent qu'il a reçu lui avait été versé en échange d'évaluation d'antiquités.
Chu Hung-yi est actuellement en détention tandis que les six autres personnes ont l'interdiction de quitter le territoire.