Le président du Parti du peuple taïwanais (TPP) et ancien maire de Taipei, Ko Wen-je (柯文哲), inculpé pour corruption, détournement de fonds et abus de confiance jeudi dernier, est autorisé à rester en liberté sous caution après paiement d'une caution et après que le tribunal de Taipei a rejeté dimanche la contestation des procureurs.
À l’issue d’une audience de détention qui a duré plusieurs heures hier soir, le tribunal a augmenté la caution de Ko à 70 millions de dollars taïwanais (2 millions d’euros), contre 30 millions de dollars taïwanais (584 000 euros) à l'origine, et lui a ordonné de porter un bracelet électronique. Tout comme dans le premier verdict du jeudi, les accusés ont aussi interdiction d’entrer en contact avec les témoins et les co-accusés, de quitter le pays et de changer de domicile. Se rangeant du côté des procureurs, la Haute cour a également déclaré que le tribunal de Taipei n'avait pas suffisamment pris en compte le risque de fuite des accusés.
Dans sa dernière décision rendue dimanche soir, le tribunal de Taipei a également doublé le montant des cautions de trois autres suspects, qui devront aussi porter un bracelet électronique : le magnat de l'immobilier Sheen Ching-jing (沈慶京), l'ancien responsable des finances de la campagne électorale de Ko Wen-je, Lee Wen-tsung (李文宗), et la conseillère municipale de Taipei, Ying Hsiao-wei (應曉薇). Les montants de leurs cautions ont été portés de 40, 10 et 15 millions de dollars taïwanais à 100, 20 et 30 millions de dollars taïwanais (2,9 millions, 584 mille et 876 mille euros), respectivement. L’ensemble des accusés ont payé leur caution et sont désormais en liberté conditionnelle. Le bureau des procureurs a d’ores et déjà annoncé qu’il s’oppose à cette décision.
Le TPP a exprimé son mécontentement à l'égard des mesures imposées, les qualifiant de disproportionnées et de politiquement motivées. Quant à l'intention de Ko de démissionner de son poste de président du parti, le TPP a déclaré qu'une réunion extraordinaire du comité central sera convoquée pour traiter de cette transition et assurer la continuité de la gestion du parti.