Pour la première fois depuis 22 ans, deux navires militaires allemands devraient traverser le détroit de Taïwan vers la mi-septembre, a révélé récemment la revue Der Spiegel. Cette annonce a, sans surprise, provoqué le mécontentement du gouvernement chinois qui a réagi par la voix de son ministère des Affaires étrangères, qui a indiqué que la Chine respectait la liberté de navigation conformément à la convention internationale de l’ONU sur le droit de la mer, mais s’opposait aux actions de certains pays prétextant la liberté de navigation pour effectuer des provocations et mettre en danger la souveraineté et la sécurité de la Chine.
A cet égard, le porte-parole du ministère taïwanais des Affaires étrangères, Jeff Liu (劉永健), a rappelé aujourd’hui que : “Le détroit de Taïwan est reconnu comme étant des eaux internationales. Le ministère des Affaires étrangères accueille favorablement les actions concrètes de l'Allemagne, des États-Unis, du Canada, des Pays-Bas et d'autres pays pour démontrer le statut juridique des eaux du détroit de Taïwan, défendre fermement la liberté de navigation, la paix et la stabilité régionales.” Jeff Liu a souligné que Taïwan coopérait avec les pays partageant les mêmes valeurs, afin de défendre l’ordre international et le statu quo dans le détroit, plutôt que de tracer unilatéralement des lignes rouges.
Par ailleurs, Michael Roth, président de la commission des affaires étrangères du Bundestag, a publié un long message de soutien envers Taïwan. Il a également souligné que les eaux du détroit de Taïwan étaient internationales et que le passage des navires militaires allemands était donc conforme au droit international. En outre, il a souligné que cette décision visait à sauvegarder la liberté de navigation et la stabilité régionale, ce qui est vital à la fois pour l’Allemagne et pour le monde. Selon lui, cette action n’est pas une provocation mais un signal clair envoyé à Pékin, car le gouvernement allemand s’oppose à l’utilisation par la Chine de moyens unilatéraux et violents pour modifier le statu quo dans le détroit de Taïwan.
Michael Roth a balayé d’un revers de main les protestations de Pékin, qui visent selon lui à qualifier de provocation toute action qui n’est pas dans l’intérêt de la Chine. D’après lui, cette stratégie vise à affaiblir la détermination de la communauté internationale et à ébranler le soutien à Taïwan. Il a par ailleurs souligné que si un conflit militaire survenait dans le détroit de Taïwan, cela aurait un impact catastrophique sur l'Allemagne et l'économie mondiale, et pourrait même s’avérer plus grave que les conséquences du Covid-19. Il a ajouté qu’il regrettait que la société allemande ne mentionne Taïwan qu’en lien avec la situation géopolitique, et souhaite que Taïwan soit mieux connu en Allemagne en tant que société la plus démocratique et libre d’Asie de l’est.