L’Organisation mondiale du commerce (OMC) organise du 17 au 19 juillet le 9e examen de la politique des pratiques commerciales (EPC) de la Chine. A cette occasion, le représentant de Taïwan auprès de l'organisation, Luo Chang-fa (羅昌發), a formulé cinq critiques à l’encontre des pratiques commerciales déloyales employés par la Chine. Parmi les points qu’il a soulevés figurent notamment les restrictions unilatérales d’importation de certains produits agricoles taïwanais ces derniers mois à des seules fins politiques, puisque sans raison valable en matière de sécurité alimentaire.
Deuxièmement, Luo Chang-fa a indiqué que la Chine exigeait que les entreprises alimentaires taïwanaises s'enregistrent au préalable pour avoir accès à son marché, or la procédure manque de transparence et de prévisibilité, et la base juridique pour étayer cette exigence apparaît discutable. Ainsi, jusqu'à présent, seules 33 % des entreprises concernées ont réussi à s’inscrire et celles dont le dossier a été refusé n’ont pas reçu d’explication.
La troisième critique exprimée par le représentant porte sur le fait que Taïwan a été visé par une enquête unilatérale de la Chine sur d’éventuelles barrières commerciales, sans que Taïwan ne soit consulté pour sa défense. A cet égard, Luo Chang-fa a accusé la Chine d'utiliser des procédures non conformes aux normes de l'OMC et ce que la Chine adopte comme des “mesures de rétorsion” sont donc injustifiées.
En outre, la Chine a mis en œuvre d'énormes subventions pour ses entreprises, avec l’intervention d’entreprises publiques sur les marchés, ce qui manque de transparence et a provoqué une concurrence déloyale et une distorsion de marché. Cela a notamment nui aux entreprises taïwanaises dans les domaines du photovoltaïque et de l’acier, mais cela a également eu un impact sur les chaînes industrielles au niveau mondial et préoccupe de nombreux membres de l’OMC, a souligné Luo Chang-fa.
Luo Chang-fa a appelé la Chine à respecter les règles de transparence de l’OMC et à résoudre ses problèmes structurels, en évitant les subventions et l’intervention d’entreprises publiques sur les marchés. Il a d’autre part déclaré que Taïwan attendait de la Chine qu'elle résolve ses différends avec Taïwan par le biais de consultations bilatérales.
Selon l’examen de la politique des pratiques commerciales (EPC), les cinq principaux États membres en termes de volume de commerce mondial doivent se soumettre à tour de rôle tous les deux ans à un examen, recueillant les commentaires des autres Etats membres, auxquels le pays concerné doit répondre. La Chine est représentée cette année lors de l’EPC par une délégation conduite par le vice-ministre du Commerce Li Fei (李飛).
Pour mémoire, Taïwan est membre de l’OMC depuis le 1er janvier 2002 sous l’appellation “Territoire douanier distinct de Taïwan, Penghu, Kinmen, Matsu (Taipei chinois)”, quelques jours après que la Chine ait rejoint l’organisation le 11 décembre 2001.