Le groupe législatif du Parti démocrate progressiste (DPP) a demandé aujourd’hui à la Cour constitutionnelle de se prononcer sur les amendements relatifs au pouvoir du Parlement, qui sont entrés en vigueur le même jour. La requête intervient après le rejet de la demande de réexamen par le Parlement et a été déposée au nom des 51 députés du parti au pouvoir par deux avocats au Yuan judiciaire, à Taipei. Ils ont également déposé une demande d'injonction qui, si elle est acceptée, suspendra l'application des amendements temporairement. Outre le groupe parlementaire du DPP, le président Lai Ching-te (賴清德), le Yuan exécutif et le Yuan de contrôle ont également déjà annoncé leur intention de contester les amendements auprès de la Cour constitutionnelle.
S'adressant aux journalistes à l'extérieur du palais de justice, Ker Chien-ming (柯建銘), leader du groupe de députés du DPP, a déclaré que cette procédure s'inscrivait dans le cadre des efforts déployés par le parti pour défendre la Constitution et sauvegarder l'État de droit. « J'espère que c'est la première fois et la dernière fois dans l'histoire que le groupe parlementaire du parti, le Yuan exécutif et même le président demandent tous une interprétation de la Constitution. Le groupe parlementaire du parti étant en première ligne, il comprend très bien tout le processus, et chaque membre du groupe parlementaire du parti a combattu chaque bataille. Nous regrettons vivement ce qui se passe, et nous sommes prêts à passer à l’action. »
Wu Szu-yao (吳思瑤), secrétaire générale du groupe parlementaire DPP, a également exposé les sept raisons principales pour lesquelles le DPP demande une interprétation de la Constitution. Premièrement, la séparation des pouvoirs qui doit être la base de l'ordre constitutionnel, ce dernier n’assure pas la suprématie parlementaire. Deuxièmement, le processus législatif aboutissant à l’adoption de ces amendements présente des défauts importants et évidents et les amendements devraient être invalidés.
Troisièmement, les dispositions du rapport du Président de la République au Parlement sont en conflit avec le principe de séparation des pouvoirs de l'État. Quatrièmement, les dispositions des articles sur l'outrage au Parlement violent les principes de séparation des pouvoirs, de clarté juridique et de proportionnalité. Cinquièmement, les dispositions de la loi sur l’approbation des nominations par le Président de la République violent les principes de séparation des pouvoirs et de proportionnalité, et portent atteinte à la vie privée des candidats. Sixièmement, les dispositions relatives à l'exercice des pouvoirs d'enquête violent le principe de séparation des pouvoirs et de procédure. Septièmement, les dispositions relatives aux procédures d'audition violent le principe de la séparation des pouvoirs, empiètent sur le droit du peuple d’intenter une action en justice et contreviennent à la régularité de la procédure.